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L'ascension régulière de Jean-Luc Mélenchon

2 min

Maintien du président sortant, léger effritement du candidat PS, peu d’effet direct de l’affaire de Toulouse, resserrement au second tour à 54-46 en faveur de François Hollande, la dernière vague du baromètre Ipsos Radio France n’indique pas de changement majeur sauf un. Elle confirme une tendance désormais solide. Jean Luc Mélenchon, en hausse d’un point et demi à 13% passe devant François Bayrou qui en perd autant et se retrouve à 11 et demi pour cent.

Cette percée est devenue l’un des temps forts de cette campagne.

En tête c’est la stabilité. Selon ce baromètre, les rapports de force n’ont guère varié depuis le début de l’été dernier entre le PS et la droite gouvernementale. En juillet François Hollande était à 29 et il est à 28, et le même mois le total Sarkozy Borloo atteignait 30 points, il est cette semaine à 27,5%. De même Marine Le Pen était à 17%, et elle est à 16 dans le dernier baromètre.

Mais derrière ce trio le paysage a été chamboulé. Eva Joly était à 7 et demi et elle est à 2. Au début de l’hiver François Bayrou a paru décoller, mais il semble englué. Et donc, Jean Luc Mélenchon, d’abord lentement, puis aujourd’hui beaucoup plus nettement, est en train d’imposer son tempo.

Il le doit à deux choses.

D’abord sa personnalité. La presse, dans le commentaire dominant de l’automne, a eu tort de le réduire à un atrabilaire distrayant, dont les colères résumeraient le discours. Une sorte de Georges Marchais relooké 2012, grande gueule et courte vue. Il se trouve que même si Mélenchon a ce côté bagarreur, parfois caricatural, c’est d’abord un intellectuel méthodique et affuté, dont on peut contester les arguments, mais pas la force du raisonnement.

Ce dialecticien est redoutable, efficace dans les débats, et comme sa contestation de la finance et du libéralisme européen est portée par les angoisses suscitées par la crise, et que son talent d’orateur, un peu à l’ancienne, fait vibrer les salles, il a fait venir à lui des foules de plus en plus denses, jusqu’à l’espèce d’apothéose de la Bastille, où il a peu parlé, mais beaucoup rassemblé.

Reste un rendez-vous pour lui, un moment redoutable : le second tour. Il fait mine d’espérer y participer, mais ce serait une surprise tellement énorme qu’elle le surprendrait lui-même. Il faudra donc qu’il se résolve à appeler à voter Hollande, qu’il n’aime pas, ou qu’il prenne le risque de le faire battre, donc de faire élire Nicolas Sarkozy. Il s’agace quand on évoque devant lui ce dilemme, mais il s’approche et se précise, et comme l’écart se resserre, sa décision sera lourde. Elle pourra faire l’alternance, ou la plomber.

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