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Le billet politique de Frederic Metezeau

2 min

Au sommet de l’Etat le duo Hollande - Valls poursuit son chemin et c'est un duo plus singulier que le tandem Hollande-Ayrault, avec des intérêts communs, une vision commune des dossiers et une vraie complicité mais sans jeter la rivalité à la rivière, sans sortir d'un subtil rapport de force. La preuve : 36 heures après sa première grande conférence de presse, François Hollande apparait consolidé, pas de faux-pas, pas de déclaration malheureuse et au-contraire une capacité à assumer certains virages délicats alors que Manuel Valls semble égratigné après sa sortie sur la droite et le terrorisme. Ce dernier a exprimé ses regrets hier après que ni le chef de l’Etat ni le Premier Ministre ne l’aient vraiment soutenu, lui le ministre le plus populaire dans les sondages : "Ne perdons pas notre temps, ne nous divisons pas, ne polémiquons pas" dixit François Hollande. "On ne polémique pas sur le terrorisme" déclare Jean-Marc Ayrault. Voilà donc Manuel Valls condamné aux regrets, par deux fois, à la télévision et à l’Assemblée après cet incident certes mineur mais monté en épingle par l’opposition. Le ministre jusqu’ici conquérant a dû jouer la défensive et l’on repense à toutes ces unes de journaux dithyrambiques qui lui prédisaient un avenir radieux alors qu’Hollande n’était plus qu’un président démonétisé. Quand ces articles ont pu monter à la tête de Manuel Valls, François Hollande a su garder la tête froide, caractéristique indispensable quand il s’agit de jongler avec les idées des autres pour mieux oublier les siennes, car les idées de Manuel Valls triomphent au sommet de l’Etat : le droit de vote des étrangers est enterré et la TVA augmentera contre une baisse du coût du travail. Comme après les primaires, le judoka Hollande a su utiliser la force de Manuel Valls en le recyclant à son service. Martine Aubry première secrétaire d'opposition avait voulu inventer l'éco-socialisme mêlant écologie politique, mesures sociétales, "care" et politique de gauche plus orthodoxe, mais Valls et Hollande au pouvoir ré-inventent en marchant un nouveau socialisme. L'un des très proches du chef de l'Etat nous explique "on est en train de changer le visage de la gauche... c'est un nouveau paradigme" . Hollande et Valls s'équilibrent, pour passer progressivement de ce socialisme de la demande au socialisme de l'offre. Côté tempérament, le premier a déjà été comparé à Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac. Le second à Nicolas Sarkozy. Alliage singulier au sommet de l'Etat, art de la synthèse consommé... Reste à savoir dans combien de temps le plus jeune prônera la rupture pour préparer la succession de son aîné...

Frédéric Métézeau

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