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Le billet politique d'Hubert Huertas

2 min

Oui, ce n'est plus la lutte contre une réforme c'est quasiment l'opération Overlord avec Jean-François Copé dans le rôle du général Eisenhower. Un million de tracts, des prises de parole incendiaires, des communiqués qui tombent comme des grêlons dans les boîtes mails des rédactions, la réforme des rythmes scolaires donne lieu à une campagne de grande envergure de la part de l'UMP. "Le mécontentement gronde" crie Michèle Tabarot la secrétaire générale du mouvement, tandis que son président parle d'"une réforme menée à la matraque et qui met à feu et à sang l'école française".

Ce qui frappe dans cette charge ce ne sont pas les arguments c'est plutôt la tonalité. En effet les critiques rapportées par l'UMP existent dans le pays et nombreux sont les parents qui font part de leurs difficultés. De même le président de l'Association des Maires de France, le très mesuré Jacques Pélissard, UMP tendance consensuelle, estime au nom de ses collègues que le financement de cette réforme n'est pas mûr et il réclame des garanties.

Donc il y a un problème dans l'application d'une réforme que toutes les forces politiques, UMP comprise, estiment pourtant indispensable, mais qui pécherait dans sa conception et dans sa mise en place. Le Gouvernement dans ce contexte réclame un temps de rodage. Le Président de la République a fait le point hier matin à l'Élysée. L'opposition met en avant des aspects négatifs.

Tout cela fait partie de la confrontation classique dans une démocratie mais ce qui surprend davantage c'est l'ampleur de la charge, le péril extrême mis en avant par Jean-François Copé : on ne serait pas dans une erreur mais une folie, pas dans les inconvénients mais à deux doigts d'un cataclysme.

Il y a de l'exaltation dans l'air, le politologue Thomas Guénolé parle d'hystérisation du débat et cette atmosphère de croisade ou de reconquista est loin de ne concerner que le domaine scolaire : à 6 mois d'élections municipales qui s'annoncent très délicates à gauche, la droite espère vendanger les raisins de la colère et elle frappe tous azimuts : campements de Roms, ras-le-bol fiscal, insécurité, travail du dimanche, c'est tous les jours Hiroshima, les dossiers sont abordés comme des batailles de la Marne, des combats de la dernière chance pour la civilisation avant le désastre annoncé.

Cela peut payer au fond des urnes, nous verrons bien, mais le danger est double : à parier sur l'excès on prend le risque d'apparaître insignifiant. Ainsi sur la question scolaire les remontées du terrain indiquent des embarras, des inquiétudes, voire des colères mais ne parlent quand même pas de calamités.

L'autre danger c'est le désordre, les effets de manches contradictoires. Exemple tiré de l'actualité : faire du mariage pour tous une menace de fin du monde convenait bien à l'Église, mais réclamer avec la même vigueur le travail du dimanche au nom de la modernité vient de braquer les évêques. »

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