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Le calvaire d'Eva Joly et le soutien de Nicolas Hulot

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Le monde politique est impitoyable, dit-on, mais il a trouvé son maître : La société civile et médiatique quand elle aspire à le remplacer.

Le dernier épisode du calvaire d’Eva Joly dans cette campagne électorale en est l’illustration. Sa chute dans les sondages et à la sortie d’un cinéma, puis sa brève hospitalisation sont venus rappeler combien ce que la chronique raconte comme un spectacle, ou comme un match, est aussi une machine à broyer.

Voilà une femme de conviction, dont on pouvait apprécier ou ne pas aimer le caractère autoritaire, mais nul ne contestait sa rigueur morale, l’idée qu’elle se fait des valeurs, son espèce de pureté, parfois tranchante comme un couperet.

Personne, ou pas grand monde, ne lui souhaitait l’enfer, or elle s’y trouve. Elle était portée par une idée montante, celle de la nécessaire et vitale régulation écologique, elle avait une réputation, elle avait remporté une primaire à la surprise générale, et voilà où elle en est.

Pas encore au score de Jacques Cheminade ou à celui de l’extrême gauche, mais pas loin. Des maladresses, des sorties à côté de la plaque à propos du 14 juillet, son accent, la poussée de Jean-Luc Mélenchon, et la configuration de l’élection présidentielle qui écrabouille les candidatures de témoignage, ou qui apparaissent comme telles…

Elle en est là, dans la broyeuse, elle est tombée, elle se relève, il n’est pas impossible que cette épreuve physique ne soit la tuile qui brise la glace, et que les électeurs ne finissent par la trouver courageuse.

Donc pour cette personnalité venue de la société civile il y a sans doute la découverte de la dureté de la politique.

Et pourtant, dans son parcours tourmenté, Eva Joly a trouvé encore plus dur que le monde politique. Encore moins sentimental. Elle a trouvé Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot n’arrive pas à passer le cap. Il ne parle officiellement que de la planète, donc d’autre chose que lui-même, mais il en revient toujours à lui, à son échec.

Dans le monde politique on est impitoyable, mais quand la guerre électorale est terminée, on passe à l’étape suivante. On remballe sa rancœur, même en la gardant au chaud, Martine Aubry a perdu les primaires, et elle soutient Hollande, Ségolène Royal a été humiliée, elle ne joue pas contre son camp, Jean Louis Borloo se rêvait en candidat, mais il fait le beau à côté de l’homme qu’il aurait aimé remplacer, c’est comme ça.

Mais pas dans la société civile et médiatique. Hulot voulait être candidat d’Europe Ecologie, ça va très mal pour son camp, la candidate est à terre, il pourrait lui tendre la main, mais non, il vient à la télé, son univers, puis il va à la radio, et il refuse de dire qu’il votera pour le parti qu’il a voulu diriger. Il ne veut parler que de Sa fondation. Il ne pense qu’à la planète, à condition, naturellement, qu’elle passe par son nombril cathodique.

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