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Le Che déclare forfait

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Sale temps pour les « petits » candidats, « petits » entre guillemet. Le renoncement de Jean Pierre Chevènement sera sans doute suivi d'autres forfaits. C'est une tendance lourde de l'année 2012, l'hiver est dur pour les divers.

Jean-Pierre Chevènement
Jean-Pierre Chevènement

Iront-ils jusqu'au bout, les Morin, Boutin, Lepage, et même Eva Joly, sans parler des Lozes, des Cheminade, des Arthaud, des Poutou… Ces « petits » là ne se sentent pas moins grands, mais écrasés par un système implacable, à la fois politique et médiatique.

Politique parce que le principe même de l'élection présidentielle, avec sa personnalisation, et sa finale du deuxième tour entre deux candidats, favorise quoi qu'il arrive une forme de vote utile. Un vote pour celui ou pour celle qui a des chances de l'emporter.

Médiatique parce que les micros, les caméras, les stylos, Internet, se focalisent sur ces deux là, et les deux ou trois autres qui pourraient les bousculer, ou peser lourd au second tour

Si les « petits » ne brisent pas l'indifférence des médias, c'est que les sondages indiquent, dans une tendance concordante, qu'ils n'intéresseraient personne, ou presque. Villepin serait à un point, Morin à un demi, Lepage au même niveau, Nihous à rien, Dupont Aignan à pas grand-chose. Des niveaux inédits. Quasiment des poussières.

En 2002, pourtant, les « petits » avaient créé la sensation, entre les Lepage, 1,8, les Taubira, 2,3, les Mégret, 2,3, les Madelin, presque 4, les Laguiller, 5,7, les Besancennot, 4,2, les Bayrou, 6,8, les Chevènement, 5,3, les Saint Josse, 4,2, et j'en passe, les petits avaient dépassé les quarante pour cent des voix. Quarante pour cent au premier tour, alors que les deux finalistes, Chirac et Le Pen n'avaient pas atteint les 20%.

En 2007, paysage différent, les deux premiers, Sarkozy et Royal totalisaient 57% à eux deux, suivis de Bayrou et Le Pen, qui concentraient 28% des voix, les « petits », Laguiller, Nihous, Villier, Voynet, Buffet, Bové, Besanconnot, devant se contenter de 15% à eux tous. Quinze contre quarante cinq ans plutôt.

Il semble que ce mouvement de concentration se poursuive, voire s'achève en 2012. Effet du vote utile, effet de la crise, conséquences de la masse des sondages, les faits sont là, les candidatures de témoignage ne parviennent plus à témoigner et seront parfois contraintes, pour cause d'indifférence, d'argent, ou de cinq cent signatures, à renoncer à l'élection.

L'affaire se jouera à quatre, Hollande, Sarkozy, Le Pen, Bayrou, avec un cinquième qui parvient à exister, Mélenchon.

En 2012, les « grands » surnagent, les autres pas. Ils en tirent des avantages, parfois des inconvénients, quand ils deviennent des cibles. Hier, par exemple, le favori, François Hollande s'est retrouvé enfariné, par une dame venue de Lille, où nous sommes ce matin…

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