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Le couac anglais de François Hollande

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Les dinosaures ont des oreilles, et savent lire en anglais. C’est ce que vient de découvrir François Hollande, en commettant sans doute sa première erreur depuis le meeting du Bourget.

Répondant aux questions du journal Britannique le Guardian, qui s’inquiétait du retour de la gauche en France, François Hollande, toujours en empathie avec son auditoire, s’est montré rassurant, et a lâché cette phrase, à propos d’une espèce à ses yeux disparue :

« Aujourd'hui il n'y a pas de communistes en France... La gauche a gouverné pendant 15 ans, pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir ».

Je vous laisse imaginer la réaction du candidat des dinosaures, le bouillant Jean-Luc Mélenchon qui ne manque jamais une occasion de regretter le positionnement jugé trop droitier du candidat PS…

« M. Hollande est mal informé, ça lui promet quelques déboires s’est écrié M. Mélenchon devant la presse étrangère, en parlant d’une attitude hautaine insupportable ».

Hollande s’est fait tout miel dans la soirée. Il a déclaré son « respect pour le Parti communiste, pour l'influence communiste et pour le Front de gauche", et souhaité "un rassemblement de la gauche avec toutes ses sensibilités".

Cette affaire peut laisser des traces. Elle vient réveiller la méfiance quasiment séculaire entre la gauche de la gauche, et les socio-démocrates, et elle entache le regain de popularité acquis à gauche par le candidat PS après ses déclarations tonitruantes sur la finance.

L’affaire tombe aussi à un mauvais moment, et pas seulement parce que M. Sarkozy entre en campagne officielle. Car il se passe des choses chez les alliés potentiels de François Hollande.

Après les européennes et les régionales, Europe Ecologie a paru prendre un poids considérable, et devenir le premier partenaire du PS, reléguant un parti communiste en grande difficulté au rang de bonzaï de l’Union de la gauche.

Et voilà qu’Eva Joly patauge.

Et voilà aussi que Jean-Luc Mélenchon paraît en mesure de rassembler sur son nom la quasi totalité de la gauche radicale, associant les communistes et une mouvance qui se reconnaissait autrefois dans les figures populaires d’Olivier Besancenot, ou d’Arlette Laguiller.

L’appétit venant en mangeant, le Front de gauche pourrait avoir des prétentions nouvelles pour les législatives. En plus d’être doté de bonnes oreilles, et de comprendre l’anglais, le Trex sera tenté de réclamer une part de sièges correspondant à son nouveau poids, quitte à bouffer du Vert…

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