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Le Front de gauche se rebiffe au sénat

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Et si le sénat de gauche était un poison plutôt qu’un atout pour le PS au pouvoir ? En deux jours le Parti Communiste a associé deux fois ses voix à celles de l’UMP pour repousser des textes importants, et tout indique que le blocage ne va pas s’arrêter là…

Première loi retoquée, la tarification progressive de l’énergie, une promesse de campagne de François Hollande. Deuxième texte, la loi de programmation budgétaire.

Le sénat est ainsi devenu le contre-pouvoir de nature médiatique qui s’impose aux pouvoir absolu du parti qui détient à lui seul la majorité à l’assemblée nationale.

Contre-pouvoir médiatique car l’événement sénatorial n’a pas de portée concrète sur le destin d’une loi, l’assemblée nationale ayant le dernier mot, mais les rejets ou les blocages occupent les journaux, les radios, les télés, Internet, et font donc savoir au pays que le gouvernement est contesté, même si sa majorité absolu lui permet de faire ensuite passer ses textes.

Le même genre de mésaventures était arrivé à la droite, quand elle disposait d’une majorité à l’assemblée et au sénat. Sur un grand nombre de dossiers, l’Adn, la déchéance de nationalité, certaines questions budgétaires, le centre droit avait donné de la voix, sans aller jusqu’au refus, mais en obligeant le gouvernement à des assouplissements, voire le retrait de certaines dispositions.

Avec la majorité de gauche dans les deux chambres, l’affaire prend un tour plus aigu. Pourquoi ? Parce que le Front de gauche fait partie de la majorité présidentielle, il a voté au second tour pour François Hollande, mais il n’est pas membre de la majorité gouvernementale, il n’a pas de ministres à la table du conseil, donc il n’est pas tenu par un devoir de solidarité.

Le Front de gauche est composé de deux branches. La branche communiste, et la branche mélenchoniste. Côté PC on est plus ou moins ficelé par les accords locaux avec le PS, qui assurent le maintien dans certaines villes, et l’existence de groupes à l’assemblée et au sénat, mais côté Mélenchon la distance est plus marquée.

Cette opposition, qui est donc à la fois nuancée et radicale, trouve un terrain idéal au sénat, puisqu’elle peut s’exprimer devant le pays, sans toutefois menacer l’existence du gouvernement.

Au sénat, la gauche de la gauche va donc pouvoir faire parler d’elle et ne s’en privera pas, quitte à prendre le risque d’être accusée de s’associer avec la droite.

C’est un tracas de plus pour le tandem Hollande Ayrault, en chute marquée dans les sondages. Même si les couacs devaient s’arrêter là, les échecs au sénat devraient se multiplier. Ils ne sont que symbolique, mais les symboles en politique sont comme le sparadrap du capitaine Haddock. Ils rendent fou. Impossible de s’en débarrasser…

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