LE DIRECT

Le front social de François Hollande

3 min

Tant que François Hollande ne sera pas parvenu à inverser la courbe du chômage, la confiance d'une majorité de Français ne reviendra pas.Ils n'étaient que 12% d'optimistes dans un récent sondage de l'IFOP.Et peut-être peut-on placer l'Elysée dans les 88% de pessimistes à moins qu'il ne soit tout simplement réaliste quand on indique discrètement dans les couloirs du palais qu'il n'y a pas de signe de reprise de la croissance en Europe pour le second semestre et quand se multiplient les plans sociaux emblématiques.Pour autant, selon l'exécutif, ces derniers Sanofi, Goodyear, Virgin, PSA ou Renault ne sont pas le plus gros problème.Non ce sont bien ces PME qui licencient chaque jour qui produisent plus de ravages dans le "pays profond" pour reprendre les propos d'un membre du cabinet de la Présidence.C'est donc Arnaud Montebourg qui poursuit son "travail de bénédictin" comme il le définit lui-même avec ses 312 dossiers ammassés depuis 8 mois et le gouvernement regarde chaque situation avec attention... mais il ne peut que limiter la casse et ses effets collatéraux dans l'opinion.Voilà le point noir pour l'emploi privé.Quant aux grosses entreprises, l'exécutif gère on vous dit ! Les choses ne s'envenimeront pas pense l'Elysée sauf si les organisations syndicales ont le sentiment qu'il n'y a plus le contact.Pour l'emploi public, la chose elle est beaucoup plus délicate, la tension plus grande.Avec une très forte ambition des réductions des dépenses publiques, les marges de manoeuvre de l'Etat sont faibles pour négocier une quelconque hausse du pouvoir d'achat des fonctionnaires... Mais de la même façon, indique-t-on, le contact, le dialogue là encore sont essentiels, un cycle de négociations va s'ouvrir entre les syndicats de fonctionnaires et leur ministre Lebranchu ou encore dès la fin de cette semaine avec les instituteurs du primaire et le ministre Peillon qui leur promet on ne sait comment une revalorisation.Plus facile semble-t-il de mener une guerre éclair au Mali que de lutter contre le chômage ou reconquérir la confiance, lever l'espérance.Ce travail laborieux s'apparente plus à une guerre de tranchées.Et pourtant c'est là que l'exécutif bascule dans le camp des optimistes quand il détaille son action :- un pacte de compétitivité à l'automne- des contrats de génération et des emplois d'avenir en hiver- un accord social le 11 janvier bientôt traduit dans la Loi par les parlementairesCela fait selon eux 4 pieds à une table... une cohérence... Chaque chose est à sa place.Il n'y aurait plus qu'à en attendre les effets.L'accord social par exemple dit-on à Matignon devrait faire en sorte qu'il y ait "structurellement" de moins en moins de plans sociaux.Mais il ne fera pas MOINS de chômeurs avec plus de 30 000 nouveaux actifs sur le marché du travail chaque trimestre, c'est aussi toute cette population - jeune - qui ne trouve pas d'emploi stable dans un pays en crise.Alors "Job is done"... non le travail n'est pas fait !Mais dans le chargeur du gouvernement pour ces prochains mois, que reste-t-il ?Officiellement deux cartouches.L'une qui consacrera constitutionnellement le dialogue social... ça ne respire pas l'arme de guerre.Et l'autre cartouche qu'il ne tirera pas.Mais que le PS et les parlementaires socialistes devront initier à savoir une proposition de loi sur la reprise des sites viables... des sites rentables... avec obligation d'examiner les procédures de reprise, une loi qu'avaient pourtant signé et présenté en février 2012 pendant la campagne deux anciens députés, François Hollande et Jean-Marc Ayrault.Une loi qu'Arnaud Montebourg, Ministre, du temps (cet automne) où il donnait des coups de mentons, avait promis fin septembre dernier dans les trois mois, d'ici à la fin 2012 donc mais force est de constater que le Père Noël n'est toujours pas passé !

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Journaliste

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......