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Le Président en Libye, les socialistes en débat... Le hasard est malicieux

2 min

Les primaires socialistes vont sortir de leur huis clos ce soir. Le premier débat télévisé entre les six candidats et candidates se déroulera sur France 2. Dix minutes d’interview pour chacun, puis cinquante minutes de débats. Une batterie de sondages semble indiquer que cette confrontation intéresse un nombre important de Français, et qu’un pourcentage non négligeable d’électeurs pourrait participer au premier et au second tour des 9 et 16 octobre prochain.

Si cette compétition interne retient tellement l’attention c’est qu’elle est une première. La primaire de 2006 entre Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, et Ségolène Royal s’adressait aux seuls militants socialistes encartés, cent cinquante mille personnes. Celle de 2011 est ouverte à qui voudra, le PS espère un million de votants, les sondeurs en promettent davantage. Une forte affluence donnerait au gagnant une dynamique particulière, et c’est le second aspect de cet événement : si ce débat, mobilise l’attention c’est qu’il peut non seulement mettre en valeur un candidat de gauche, mais peut-être un futur président, ou une future présidente de la République. La droite ne s’y est pas trompée, elle a tout fait pour gêner cette primaire.

Deuxième événement du jour, totalement inattendu, mais préparé minutieusement par l’envoi de 160 policiers français à Bengazi et Tripoli, Nicolas Sarkozy a choisi la même date pour se rendre en Libye, sans doute avec David Cameron. Le président français devrait être acclamé comme un libérateur. Certaines sources annoncent qu’il sera accompagné par Bernard Henri Lévy. Selon le Conseil national de transition, il devrait prononcer un grand discours sur la place de la Liberté de Bengazi, face à la mer, avant de se rendre à Tripoli pour rencontrer les dirigeants du CNT et rouvrir symboliquement l’ambassade de France.

Donc, d’un côté un débat sur la primaire, prévu depuis longtemps, et de l’autre un voyage en Libye, décidé par surprise, et le même jour, tout rapprochement avec une forme de bataille médiatique serait malintentionné.

L’idée de faire un coup sur la scène internationale pour parasiter l’effet du débat sur la primaire serait parfaitement absurde, et parfaitement hors de propos. Si ça se trouve, le président de la République, tout absorbé qu’il est par sa tâche internationale, et tout éloigné qu’il est des soucis de politique intérieure, ne sait même pas que ses adversaires organisent leur débat.

Eux s’occupent de leurs petites affaires pendant que lui, s’attèle aux grands dossiers du monde, tel est le message qu’il va lancer à la France, à l’insu de son plein gré…

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