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Le PS, l'UMP, et la Corée du Nord

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La Corée du Nord est décidément très tendance dans les grands partis français. Choix du patron du Parti socialiste, élection du Président de l’UMP, l’évocation des délices démocratique de la dynastie des Kim revient en boucle dans les discours, sous l’œil intéressé du Front National

La première citation vient des rangs socialistes. C’est Jean-Jack Queyranne, le Président de la région Rhône Alpes qui avait comparé, il y a dix jours, l’avènement de Kim Jong Un à la désignation du prochain Premier secrétaire du PS par la première secrétaire sortante. Les jeux paraissaient faits pour Jean Christophe Cambadelis, dans le plus parfait arrangement de coulisses. Depuis lors la roue a tournée, finalement c’est Harlem Desir qui a été désigné, dans un huis-clos d’état-major mieux gardé qu’une centrale nucléaire.

Du coup la droite se marre. Jean-François Copé avait tenté d’empêcher les primaires socialiste, en évoquant un fichage politique, mais sa fantassine, Nadine Morano les regrette ouvertement en dénonçant « l’opacité, et la fin de la démocratie au PS », tandis que Roger Karoutchi s’étrangle : « Désir choisi par deux personnes, et le PS nous donne des leçons de démocratie »

Il faut dire que la droite procède aussi au choix de son futur chef. Officiellement tout le monde peut concourir, Copé, Fillon, Guaino, Bertrand, Lemaire, Kociusko Morizet, tout le monde, à une condition express. Disposer de huit mille signatures avec formulaire rempli à la main.

Pour obtenir ces parrainages, il faut contacter un par un les 264 137 militant officiels, selon les organisateurs, mais sans doute la moitié selon la réalité. Pour les contacter il faut un fichier, mais le fichier est entre les mains d’un seul, le secrétaire général Copé Jean-François, qui ne cesse de s’en servir en envoyant des lettres aux militants, dans lesquelles il est question des activités de l’UMP à travers les actions, les idées, et les initiatives de son secrétaire général…

Une situation déséquilibrée selon les concurrents de M. Copé qui ont souhaité, en vain, qu’il renonce à ses fonctions le temps de l’élection, ou qu’un délai soit accordé pour la collecte à l’aveugle des huit mille parrainages, ou que cette règle soit assouplie.

Mais rien à faire. Copé lex, sed lex. Si bien qu’Henri Guaino a fini par s’écrier, l’autre jour sur Itélé : « C’est un truc fou, ce système ! », puis sur Public Sénat : « Cette procédure place la démocratie à l’UMP à peu près entre Cuba et la Corée du Nord »

Kim Il sung, Kim Jong Il, Kim Jong Un, Maréchal nous y revoilà !

Tout cela se passe devant le Front National qui se frotte les mains, parce que lui c’est pas pareil. Lui c’est Jean Marie Le Pen, c’est Marine Le Pen, et c’est Marion Le Pen, rien que de la démocratie, strictement rien d’héréditaire…

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