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Le retour de la Vème République

2 min

Très loin de l’hyperactivité de son prédécesseur, omniprésent sur tous les fronts, intérieurs comme extérieurs…

François Hollande, en une semaine à peine, est donc revenu aux fondamentaux de la Constitution de 1958.

Autrement dit, à chacun son boulot !! D’un côté, le Président, chef des armées et symbole de l’Etat français à l’étranger, ce sont les articles 14 et 15 de la Constitution. Chasse gardée : la diplomatie… Du G8 de Camp David au dîner européen de Bruxelles en passant par le sommet de l’OTAN à Chicago, l’agenda international a parfaitement servi le nouveau dessein élyséen.

Flanqué de ses conseillers diplomatiques Paul-Jean Ortiz et Philippe Léglise Costa, François Hollande s’est immédiatement posé comme la voix de la France à l’international.

De l’autre côté, le Premier ministre, qui « détermine et conduit la politique de la Nation », article 20 de la Constitution.

Beaucoup plus qu’un simple « collaborateur » du Président, comme Nicolas Sarkozy se plaisait à définir François Fillon. A Jean-Marc Ayrault donc, les affaires intérieures, avec une priorité affichée : le social avant l’économie.

Grande concertation à Matignon avec les partenaires sociaux, mardi prochain. Au programme : le Smic, l’emploi des jeunes, les retraites.

Le Président tutélaire. Le Premier ministre les mains dans le cambouis. Bref, la logique de la Vème République. Celle qui a prévalu non stop de de Gaulle à Chirac…

Ce faisant, François Hollande cherche à ancrer l’idée que le quinquennat Sarkozy fut une… parenthèse, un écart.

La Vème, solide quinquagénaire de 53 ans d’âge, est donc de retour. Mais… Est-ce vraiment une bonne nouvelle ?

D’abord, l’usage « sarkozyste » de la fonction présidentielle, pour tentaculaire et agité qu’il ait été, n’était pas illogique.

La répartition des pouvoirs entre le Président et le Premier ministre constitue, de fait, une bizarrerie française.

Regardée par nombre de nos voisins comme une aberration. Pourquoi 2 fonctions… là où une seule suffirait ?

Ensuite et surtout, le véritable test démocratique est ailleurs. Il est, comme l’ont théorisé Montesquieu puis Sieyès, dans la séparation des pouvoirs.

Au gouvernement l’exécutif.

Au Parlement le législatif.

Et de ce point de vue, la pratique de la Vème République n’est guère satisfaisante.

Certes, l’article 34 de la Constitution prévoit que le Parlement vote la loi. Mais dans les faits, depuis 53 ans, le Parlement, en France, ressemble souvent à une simple « chambre d’enregistrement ». Une étrangeté, là aussi, si on regarde les régimes démocratiques comparables.

Sans compter que le gouvernement possède une autonomie considérable par la voie réglementaire, hors Parlement.

Fait révélateur : l’une des premières décisions de l’équipe Ayrault sera donc de rétablir la retraite à 60 ans pour les salariés ayant débuté à 18 ou 19 ans.

Et ce sera fait, je vous le donne en mille… par voie réglementaire !! Sous réserves d’une énorme surprise aux législatives, le Parlement n’aura pas son mot à dire.

C’est la Vème République.

Avec un président normal.

Un premier ministre normal.

Et un Parlement normal. C'est-à-dire… godillot !

Jean-Marc Four

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