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Le retour de l'affaire Bettencourt

2 min

Ce n'est plus une cascade d'affaires, c'est une avalanche. Elles ont un point commun. Une espèce d'innocence...

Et maintenant l’affaire Bettencourt qui refait surface avec un témoignage dans le journal Libération. L’ex comptable, Claire Thibout, confirme la valse des espèces et des visiteurs politiques de droite, Nicolas Sarkozy compris jusqu’en 2007.

Ce n’est plus une série, c’est une avalanche… Il y a comme une épidémie d’aveux ces temps ci. Ou bien c’est une conspiration, orchestrée par les ennemis du Président, ou bien c’est la conséquence d’un fait politique accentué par ce qui s’est passé dimanche, à savoir l’extrême état de faiblesse du locataire de l’Elysée qui libèrerait les langues parce que les bavards n’auraient plus peur, ou qu’ils voudraient se venger, ou les deux à la fois.

Mais au-delà du pourquoi et du comment de ce déballage, il y a ce qui relie toutes ces histoires, et ce qui les relie est résumé dans une photo qui court sur Internet. Tapez Copé et Piscine et vous verrez. Des centaines de fois la fameuse photo du secrétaire général de l’UMP, à cette époque ministre du budget, en vacances chez son ami Takhiédine. Sur le site Owni.Com, un antropologue, Olivier Beuvelet, analyse cette image banale d’un homme "mouillé jusqu’au cou", comme dit le langage populaire.

Copé dans l’intimité de son ami milliardaire. Au nom de l’amitié les cloisons ont sauté, les distances et les prudences aussi. Il y a comme une innocence suprême dans les explications fournies. Un sentiment de convivialité qui rendrait inutile toutes les cachotteries, toutes les « hypocrisies », comme ils disent. Pourquoi cacher ce sein que vous pourriez apercevoir, puisqu'il est virginal ? Il m’invitait ? Il me payait mes vacances? et alors? Quelle affaire puisque nous étions « amis », comme les visiteurs des Bettencourt étaient en sympathie avec ce charmant couple de personnes âgées.

Et cette innocence suprême, qui consiste à ne pas voir le mal partout dans la mesure où l’amitié domine, et où elle nettoie plus blanc, est lancée comme un cri du cœur dans les journaux de 20 heures à des Français qui gagnent dix ou vingt ou cent fois moins, et à qui aucun ami n’offre jamais de vacances, et qui se les paie de leur poche, comme tout le monde, et qui ne transporte dans leurs valises que des chemises, des robes, des slips, des brosses à dent, pas des liasses de billet.

Comme si on expliquait à ces gens, ces millions de gens, que s’ils se débrouillent tout seul, s’ils ne sont pas invités, logés, nourris, entretenus, c’est qu’ils ne sont pas capables de se faires des amis.

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