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Le second tour est-il une deuxième élection ?

3 min

Dans la série tarte à la crème, et avant même le premier tour une idée fait son chemin, soulignée par les stratèges de l’Elysée, et moulinée par les commentateurs. Le second tour serait une autre élection.

Cette idée, elle ne repose sur aucune réalité connue. Depuis 1965, pour parodier une formule du Mahatma Gandhi, le second tour est dans le premier comme l’arbre est dans la graine.

Ce qui détermine le sort de l’élection, ce n’est pas non plus de sortir en tête au premier tour. Cette idée est une autre tarte à la crème. Sur les six dernières présidentielles, le gagnant du second tour est sorti 3 fois en tête, en 88 avec François Mitterrand, en 2002 avec Jacques Chirac, en 2007 avec Nicolas Sarkozy, ce qui veut donc dire que celui qui est arrivé second a été élu trois fois, en 74 avec Valéry Giscard d’Estaing distancé au premier tour par François Mitterrand, en 81 avec François Mitterrand distancé au premier tour par Valéry Giscard d’Estaing, et en 1995, avec Jacques Chirac distancé par Lionel Jospin.

Si ce n’est pas l’ordre au premier tour qui détermine le président, c’est donc un autre paramètre. Ce paramètre c’est tout bêtement la réserve de voix.

En 74, Mitterrand fait 43%, et Giscard d’Estaing 32, mais avec les 15% de Chaban Delmas, et les un peu plus de 3% de l’indépendant Jean Royer le total de la droite est de 50,8%, soit exactement le score final pour Giscard.

En 1981, Mitterrand est derrière mais le total de la gauche dépasse les 50% et la mauvaise entente à droite le fera élire à 53…

En 1988 le total de la gauche est légèrement minoritaire, mais un phénomène s’installe durablement. Les électeurs Front National ne se reportent qu’aux 2/3 vers la Droite, Mitterrand est élu à 54%

En 1995 la bataille Chirac Balladur fait rage, Jospin sort en tête, mais les réserves de voix sont énormes à droite, 57% en additionnant droite et extrême droite, ça passe sans problème pour Jacques Chirac à 52,5

2002 est atypique.

En 2007 Ségolène Royal a perdu dès le premier tour, non pas parce qu’elle en est sortie deuxième, non pas à cause de son score personnel, 26%, comme Mitterrand en 81, mais ses réserves sont faibles, moins de 35% pour la gauches. Victoire facile de Nicolas Sarkozy.

Jusqu’à présent, donc, la comparaison des rapports droite gauche au premier tour a toujours fait la différence, sachant que les voix Bayrou se répartissent dans les deux camps, et que les suffrages d’extrême droite ne se reportent jamais comme un seul homme vers le candidat de droite. Cette année la vague des derniers sondages, donne de 43 à 46% pour la gauche.

Conclusion : à moins d’un score exceptionnellement serré, genre 74, ou d’un cataclysme entre les deux tours, le nom de l’élu de 2012 ne dépendra pas d’un débat, ou de deux, ou de trois. Ce nom sera quasiment connu dimanche.

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