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Le Sénat hier, la présidentielle demain

2 min

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Quelle est la question que tout le monde se pose à droite après la défaite sénatoriale de la majorité, hier soir, et que personne ne posera officiellement, car elle est encore tabou. Cette question est la suivante : Est-ce que Nicolas Sarkozy est le meilleurs candidat à la Présidentielle, est-ce qu’il ne doit pas renoncer, est-ce que la majorité ne court pas un risque énorme après une série d’échecs qui lui donnent le vertige.

Depuis cinq ans, des centaines de maires de droite, des centaines de conseillers régionaux, des masses de conseillers généraux, des présidents de département, des milliers et des milliers d’élus locaux, sont sortis de la vie politique.

Il arrive un moment où le dévouement, l’esprit de sacrifice, la volonté de servir le chef, de lui faire confiance, c'est-à-dire la certitude qu’il conduira à la victoire, finissent par être entamées. Ce moment mijotait depuis longtemps, il est maintenant arrivé, le basculement historique du Sénat l’impose dans les esprits. Tout ce maillage effiloché, qui fait la force d’implantation des partis politiques, ne peut pas ne pas s’interroger sur les qualités tactiques ou stratégiques de celui qui les conduit. Est-ce qu’il joue collectif ou est-ce qu’il joue pour lui ?

Le niveau des sondages pouvait être nuancé, il se trouve que cette faiblesse chronique s’est concrétisé dans le basculement de bien des grands électeurs non inscrits vers une opposition ouverte. C’est cette opposition nouvelle qui a amplifié la progression attendue du nombre de sénateurs de gauche, au point d’en faire une majorité.

Le Président sortant peut-il être candidat ? A-t-il même intérêt à l’être, lui qui rêvait tout haut de gagner beaucoup d’argent une fois finie sa carrière politique, et dont la côte au box office des conférences pourrait pâtir gravement d’un départ sur une défaite majeure.

Il se peut naturellement que Nicolas Sarkozy, qui a déjà passé quelques saisons en enfer, et qui en est revenu, veuille braver le destin et tenter quand même son va-tout. Ses échecs en série, son impopularité chronique, l’usure de sa communication, ajouté au climat délétère créé par les affaires, seraient des handicaps énormes, il le saurait, mais il se lancerait pourtant.

S’il devait réussir, c’est-à-dire être réélu en mai prochain, cette victoire serait un retournement tellement extraordinaire, tellement jamais vu, tellement unique dans les annales, qu’il rentrerait dans l’histoire. Ce serait une sorte de miracle.

Son problème, d’ici aux fêtes de fin d’année, c’est qu’il n’est pas sûr que la Droite ait envie de croire au Père Noël, et qu’elle ne préfère pas le père Fillon, le père Juppé, un autre père en tout cas…

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