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Le symptôme des cinq cent signatures

2 min

Faut-il aider Marine Le Pen à récolter les cinq cent signatures ? En proposant la création d’une espèce de « consortium inter partis politiques », qui l’aiderait à obtenir ces parrainages, François Bayrou n’a pas fait un tabac. Du PS à l’UMP en passant par les écologistes ou le Front de gauche, sa proposition a été repoussé sur le mode : « ce n’est pas notre affaire », ou encore, dans la bouche de Christian Jacob, le chef de fil des députés UMP, que « ça n’aurait pas de sens, que c’est contraire à l’esprit de la cinquième république, et que ça donnerait le sentiment d’un tripatouillage

François Bayrou
François Bayrou Crédits : Radio France

Donc le commando des signatures ne sera pas constitué, ce qui n’empêche pas les uns et les autres de reconnaître à voix haute que l’absence d’un courant qui peut représenter un électeur sur cinq, poserait quand même un problème démocratique majeur.

Ce problème dépasse d’ailleurs la question des cinq cent signatures, anonymes ou pas. Il n’est qu’une expression aiguës du verrouillage presque hermétique des institutions françaises, de bas à en haut.

Pourquoi cette affaire se repose-t-elle tous les cinq ans, avec des bricolages divers, un coup je donne des signatures, comme en 2007 avec Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal magnanimes, un coup « je ne m’en mêle surtout pas », comme en 2012 ?

La raison est simple : cette élection, terriblement centrale, et terriblement personnalisée, est en fait l’unique occasion pour les courants moins dominants de mesurer et d’imposer leur influence. Un dimanche tous les cinq ans, au premier tour de la Présidentielle, les formations politiques dites secondaires, peuvent peser dans la balance, en se présentant sous leurs propres couleurs.

Le reste du temps, sauf aux européennes, le scrutin majoritaire oblige les moins gros à des alliances derrière le PS ou l’UMP, et il efface de la carte ceux qui ne se prêtent pas au jeu. C’est ainsi que le Modem de François Bayrou, 18,57% au premier tour de 2007 a presque tout perdu par la suite, et que le Front national, finaliste en 2002, n’a pas un seul élu au parlement français.

Faute de proportionnelle aux législatives, c’est le premier tour de la présidentielle, et lui seul, qui détermine la proportion des uns et des autres, à condition de franchir le seuil des cinq cent signatures. Or cette collecte renvoie certes à cinquante mille élus divers, ce qui parait laisser de la marge, mais ces élus sont plus ou moins affiliés aux partis dominants, par le jeu des alliances et des investitures.

Donc, c’est le serpent majoritaire qui se mord la queue, et par voie de conséquence, c’est le système qui tourne en boucle.

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