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Législatives : Hollande en haut, Sarko en lambeaux

3 min

Au-delà des arguments, des arguties, des habillages, des enfumages, et des autosuggestions, les résultats du premier tour de ces législatives sont nets. La gauche est forte, la droite est affaiblie, le sarkozysme est en lambeaux.

Sous réserve de confirmation au second tour, l’événement d’hier soir c’est l’avènement du « Hollandisme politique ».

Régime alimentaire mis à part, Hollande avait pris du volume pendant la campagne. Moqué par les siens, méprisé par le sortant, il avait surpris par sa résistance personnelle.

Mais sa simplicité feinte ou réelle de président, son refus des à-coups et des coups, sa présence nette mais sans clairon sur le plan international, sa photo officielle, son gouvernement pas plus tonitruant que la voix de Jean-Marc Ayrault, tout cela valait un certain scepticisme, qui faisait rêver la Droite.

Résultat : tous les ministres font de bons scores. Ayrault élu, Cazeneuve élu, Lurel élu, Cuvilier élu, Batho élue, Touraine 44,7, Filipetti 43,5, Sapin 46,5, Cahuzac 46,8, Le Foll 46,1, Hamon 45,3, Duflot 48,7, etc. Seule Marie Arlette Carlotti, dans une circonscription très difficile à Marseille, devra batailler au second tour.

Ce gouvernement « léger » ne comprend donc que des poids lourds.

Deuxième constat : la droite. A force de répéter que Nicolas Sarkozy n’avait perdu que d’un souffle, elle avait fini par se convaincre qu’elle n’avait pas été battue. Ou pas vraiment. Ce matin, les chiffres sont là. En 2007, si l’on cumule l’UDF qui deviendrait majoritairement le Nouveau Centre, les divers-droite, le Mouvement pour la France, les chasseurs, et l’UMP, on atteint les 54%.

Hier soir la droite hors Front National était 20 points au dessous, à 34,7. Quarante pour cent de baisse. Ce n’est pas un bémol.

Néanmoins la droite va conserver des troupes à l’assemblée nationale, et entrer dans l’opposition avec des forces dépassant les 200 voire 220 députés, voire 260. Donc la droite existe encore, et elle existera.

Ce n’est pas le cas du Sarkozysme. De nombreux ministres de l’ancien gouvernement ont tenu bon, Jean Léonetti 51%, Laurent Wauquiez, 49,7%, François Baroin 41, mais les plus emblématiques de la Sarkozie sont en délicatesse. Nathalie Kociusko Morizet n’est pas tirée d’affaire, Xavier Bertrand non plus, Frédéric Lefêvre envoyé dans une circonscription imperdable en Amérique du Nord est en difficulté, Nadine Morano est en ballotage défavorable, Claude Guéant et Henri Guaino ont à faire face à des dissidences lourdes, Balkany a perdu beaucoup de terrain, Manuel Aeschliman et Benjamin Lancar jeunes étoiles de l’ancien président n’ont pas brillé la nuit des élections...

En fait, le sarkozysme est devenu une force départementale, plus dans les Haut-de-Seine mais désormais dans les Alpes Maritimes. En janvier dernier, Nicolas Sarkozy avait confié qu’il préfèrerait aller au Carmel qu’animer des sections UMP, en cas de défaite. S’il devait changer d’avis il n’aurait plus qu’à s’installer à Nice.

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