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Leonarda, mariage homo : variations sur le laxisme

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Etonnante collision dans l’actualité de ce vendredi. On ne va parler que de la loi, de la nécessité de se conformer à la loi, dans tous les cas, ou du devoir de l’assouplir, au cas par cas. D’un côté l’affaire Leonarda, ses polémiques et sa fureur, et de l’autre la loi sur le mariage homosexuel, avec « les sages » du Conseil Constitutionnel qui diront si oui ou non les maires pourront s’exempter du droit.

Dans l’affaire de la lycéenne, deux camps s’opposent clairement : d’un côté les défenseurs de l’ordre, et de l’autre ceux qui exigent des exceptions au nom de l’humanisme.

Quelques exemples :

« Il y a la loi, mais il y a aussi les valeurs » a écrit Claude Bartolone sur le réseau social Twitter. Il est rejoint, entre autre par l’ancienne garde des sceaux, Elisabeth Guigou pour qui « il est nécessaire de respecter la loi, mais … », ou par la sénatrice Esther Benbassa pour qui « On ne peut se contenter d’appliquer la loi sans discernement ».

Ce camp de l’accommodement est défendu dans la rue par des groupes de lycéen, eux même soutenus, entre autre, par le Front de gauche.

Ils incarnent le laxisme aux yeux des rigoureux dont on peut trouver quelques exemples en gauche : Jean-Pierre Chevènement pour qui « c’est favoriser le Front National de ne pas appliquer convenablement la loi », ou Sègolène Royal pour qui « il faut respecter la loi ».

Mais le gros bataillon des légalistes se recrute d’abord à droite :

« Toute la loi, rien que la loi » martèle Christian Jacob le président du groupe UMP à l’assemblée nationale, « l’expulsion s’est effectuée dans le respect du droit » répond en écho Valérie Debord, déléguée générale adjointe de l’UMP ».

Et Geoffroy Didier, l’un des fondateurs de la Droite forte dénonce « un prétendu humanisme qui n’a en réalité, que pour effet d’excuser la violation de la loi et de défier l’autorité Républicaine.

Deux camps, et des discours antagonistes sauf que tout change avec l’autre actualité. Celle du Conseil constitutionnel qui doit dire aujourd’hui si la loi, toute la loi, rien que la loi, doit s’appliquer à tous pour le mariage homosexuel. Et là les rôles s’inversent. Soudain les partisans de la loi deviennent les demandeurs d’une exception. Un collectif de maires réclame le droit de ne pas l’appliquer le droit, au nom de la clause de conscience. La loi facultative en quelque sorte.

Soudain, les parangons de vertu réclament de la souplesse. Pour un peu les défenseurs de Leonarda parleraient de laxisme si les Sages donnaient raison aux premiers.

Au fond, comme l’a dit fortement Jean-François Copé, « La loi de la République doit être appliquée en toute circonstances », mais ça dépend des circonstances…

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