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Les appétits désordonnés de l'UMP

2 min

Rentrée de François Fillon, présence de Jean-François Copé dans les média et visites en région, annonce de la candidature de Nathalie Kosciusko Morizet à Paris, omniprésence en librairie et sur tous les plateaux de Bruno Le Maire, réunion à grand spectacle des amis de Nicolas Sarkozy, l’UMP fait feu de tout bois en cette fin d’hiver. La faiblesse du pouvoir socialiste crée pour elle un appel d’air dans lequel veulent s’engouffrer les ténors du parti qui se concurrencent.

Les échéances sont imbriquées entre elles : match retour pour la Présidence du parti après la guerre civile de novembre et décembre, municipales de l’année suivante, sénatoriales, puis primaires ouvertes qui devraient désigner le candidat pour l’Elysée.

Contexte : le Président Hollande est en grande difficulté, et rechute après la parenthèse malienne, miné par le chômage et la cascade des mesures d’austérité. L’hypothèse est donc qu’il y ait des places à prendre, de bas en haut, et cela aiguise les appétits.

Jean-François Copé est un traditionnaliste. Il considère, comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy que celui qui tient le parti tient tout. Donc il entend en rester le Président, et quelques voix autorisées, déjà, à l’UMP, se demandent si l’élection interne de septembre est finalement bien nécessaire.

François Fillon considère quant à lui que la toute puissance du parti est une notion dépassée, soufflée par le principe des primaires ouvertes. Il préfèrerait ne pas être candidat à la Présidence jugée secondaire de l’UMP, mais n’écarte pas d’y aller car il a une conviction. Il veut écarter Copé. Il ira s’il est le seul à pouvoir le contrarier, mais aimerait mieux qu’un représentant de la nouvelle génération, plus fiable à ses yeux, y aille à sa place.

On pense naturellement à Bruno Le Maire, qui est actuellement en tête de gondole dans les librairies et dans les studios radio et télé. Signe des temps, Le Maire est réputé modéré, et intellectuel, et il se met à durcir le ton depuis quelques jours, il tape, il cogne, ce qui veut dire qu’il s’adresse aux militants, et donc qu’il songe de plus en plus à l’élection interne, celle de septembre.

Passé ce rendez-vous on se penchera sur les municipales, qui pèseront sur les sénatoriales. Si les socialistes sont alors débarrassés du dilemme du cumul qui les préoccupe tellement, en allant au tapis par centaines, donc si la droite l’emporte, le patron de l’UMP acquerra du prestige et des clients. Si c’est Copé il sera renforcé, et ce ne sera pas bon pour Fillon, si c’est Le Maire ou un autre, ou lui-même, Fillon ne sera pas triste.

Ce qui ne déblayera pas ce terrain décidément occupé, car le mieux placé trouvera Nicolas Sarkozy sur son chemin. Sarkozy à propos duquel on se pose toujours une question vertigineuse. Sera-t-il candidat en 2017, ou sera-t-il candidat ?

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