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Les dessous de Karachi

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C’est donc une affaire d’état, puisque de hauts responsables, l’un directeur de cabinet d’un ancien Premier ministre, et l’autre conseiller d’un futur président de la république ont été mis en examen, ce qui ne signifie pas qu’ils soient coupables puisqu’ils sont présumés innocents, mais le fait est là : la fameuse affaire de Karachi prend une tournure aiguë. Cette affaire, Nicolas Sarkozy l’avait qualifiée de « Fable grotesque », en ajoutant à l’attention des journalistes qui l’interrogeaient à Bruxelles, en juin 2009 : « C’est ridicule, et puis, si vous avez des éléments, donnez les à la justice » . C’est fait, son vœu est exaucé, quelqu’un s’en est chargé le juge Van Ruymbecque a le dossier dans les mains.

Donc la justice dira si les faits sont condamnables, et s’il existe un rapport entre les valises de 1995 et l’attentat de 2002, mais autre chose apparaît sous ces faits soumis à point d’interrogation. D’autres faits qui sont eux établis, recoupés, et même photographiés… C’est la présence d’un maillage de l’ombre, composé d’intermédiaires totalement inconnus du grand public, mais dont la puissance et l’entregent dépasse parfois celles des ministres officiels.

On les connait désormais avec leurs noms et leurs visages, ou parce qu’ils ont choisi de sortir des coulisses en lâchant des confidences.

Ce Ziad Takhiédine, déjà présent en 1994, puis actif à Karachi, puis à l’aise dans les allées du pouvoir depuis les années 2000, qui le connaissait en France, quelle fonction occupait-il pour qu’il dispose de tels réseaux ? Qui était-il pour accueillir en ses maisons le gratin du pouvoir français en vacance ?

Et ce Robert Bourgi, porteur de valise autoproclamé, capable de demander et d’obtenir la tête d’un ministre qui avait contrarié l’un de ses amis africains, quel Français connaissait ses pouvoirs ?

Et cet Alexandre Djourhi, héro du livre de Pierre Péan, la République des Malettes, était-il conseiller, intermédiaire, ami, ou tout ça à la fois ?

Que Nicolas Bazire ait commis des actes graves ou pas, que Thierry Gaubert soit confondu ou non, qu’Edouard Balladur ait ou non participé, que le jeune Sarkozy ait ou non contribué, ce n’est pas une affaire banale, elle est embêtante, mais elle concerne un Etat et des fonctions répertoriées.

Mais que des intermédiaires se soient mêlés à eux, comme s’ils étaient un autre état, un pouvoir de derrière les pouvoirs, c’est encore plus troublant…

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