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Les fausses vérités de la campagne

3 min

A partir d’aujourd’hui, avec les nouvelles règles sur le temps de parole, la campagne va prendre une autre allure. Nous sommes dans le principe d’égalité. Les medias ne pourront plus se focaliser sur les mêmes candidats. Plus de bouffées monomaniaques, la montée de Bayrou en janvier, puis l’effet Hollande après Le Bourget, puis l’envol de Sarkozy depuis trois semaines, et désormais la montée fantastique de Jean Luc Mélenchon. On va moins focaliser sur les discours de tel ou tel, et chercher la vérité ailleurs, en plongeant fébrilement dans les entrailles des sondages.

Afin de ne pas mourir idiot, voici donc, à propos de ces oracles, quelques illusions d’optique érigées en vérité.

Grand 1, l’importance du croisement des courbes en tête du premier tour. Ce fameux croisement, confirmé jusqu’à présent par un sondage Ifop lundi, puis par un sondage Ifop mardi, enfin par un sondage Ifop, hier dans le JDD, est sensé diagnostiquer la tendance de fond. Celle qui fera l’élection.

Dans la réalité, ce croisement fait référence à 1995, lorsque Jacques Chirac a dépassé Edouard Balladur, pour l’emporter au second tour. On compare donc un affrontement droite-gauche, en 2012, et une sorte de primaire à droite, en 1995, ce qui n’est pas de même nature. De plus, ce croisement des courbes n’est pas déterminant sur l’issue finale d’un scrutin. Pendant l’hiver 1988, Jacques Chirac, très en retard sur Raymond Barre, avait dépassé son rival du centre, mais perdu largement l’élection.

Deuxième vérité fragile : il serait essentiel de sortir en tête au premier tour. Or sur cinq élections de 1981 à 2007, cette vérité ne s’est vérifié que trois fois. Deux des gagnants du premier tour ont été battus au second : Giscard d’Estaing contre François Mitterrand, et Lionel Jospin contre Jacques Chirac.

Troisième vérité bancale : les sondages se seraient toujours trompés en annonçant pendant l’hiver le gagnant du mois de mai. C’est faux, à l’exception de 2002, où l’effondrement de Lionel Jospin a permis à Jean-Marie Le Pen de se qualifier au second tour et à Chirac de se faire réélire.

Dès février 81, la sofres donnait Mitterrand gagnant, depuis deux ans le même Mitterrand était donné gagnant en 88 par tous les instituts, depuis au moins deux ans la droite était donnée gagnante en 95, depuis janvier 2007 Sarkozy était donné gagnant en mai.

En vertu de ce constat Hollande reste donc favori, mais il y a un bémol. Cette inconnue, c’est qy’il a presque toujours une surprise au premier. En 1981, l’affaissement communiste, en 1995 Jospin qui sort en tête. En 2002 Le Pen au second tour, en 2007 Le Pen qui s’effondre.

En 2012 la surprise sera… On n’en sait rien, mais il peut s’en mijoter une, loin du vacarme. Raison de plus pour ne pas écouter les distributeurs de vérités automatiques, et de vous fabriquer la vôtre, en triant dans la campagne les infos et les intox…

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