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Les grands rassemblements peuvent-ils changer la donne ?

2 min

A Jour J -6 l’élection est pliée. L’objectif des meetings n’était d’ailleurs pas de créer une situation, mais de la consolider.

Celui de Marseille aura galvanisé la foule pour maintenir la pression, celui de Vincennes aura promis la victoire en prévenant qu’elle pouvait s’envoler, celui de la Concorde avait pour but d’éviter l’effondrement en prouvant qu’on était encore vivant.

Mais les tendances sont là, les dés ont roulé, et l’idée qu’une campagne se remporte en six jours est une fiction. L’objectif était donc de galvaniser les troupes, ou de leur remonter le moral, pas de convaincre un pays en déclinant un programme. Ce qui a soufflé ce samedi et ce dimanche c’est d’abord le lyrisme.

Le lyrisme de la révolte, chez Mélenchon, le lyrisme de l’histoire éternelle de la gauche au cœur de l’histoire de France chez Hollande, le lyrisme du danger d’un effondrement de la civilisation française, carrément, chez Sarkozy.

Ces mots, ce souffle, s’adressaient en fait à un Ovni, un objet votant non identifié, susceptible de faire la décision.

Car si l’affaire paraît pliée, tous les sondages du monde ne remplaceront jamais le comptage des bulletins. L’électeur aura donc le mot de la fin, et c’est à ce décideur dormant que tout le monde s’est adressé, les trois qu’on vient de citer, mais aussi François Bayrou, Marine Le Pen, Eva Joly, ou Nathalie Arthaud.

Pour Nicolas Sarkozy, cet électeur inconnu s’appelle « majorité silencieuse ». C’est un homme ou une femme que personne n’entendrait, sauf lui.

Pour François Hollande l’électeur inconnu serait plutôt l’abstentionniste, dont le « non message et la « non décision » pourrait brouiller la volonté de changement montée des profondeurs.

Pour Mélenchon l’inconnu serait ce silencieux trop longtemps opprimé, et qui d’un coup, se mettrait à donner de la voix.

Chaque fois la même arlésienne, c’est à dire ce personnage qui résume une histoire, mais qui n’apparaît jamais. Cet absent, Marine Le Pen le dépeint sous les traits d’une victime universelle qui voudrait tout envoyer valser. Ce muet, François Bayrou le rêve comme un modèle d’équilibre, qui ne croirait en plus personne, sauf en Bayrou.

En cette dernière semaine, les candidats se méfient de ce contre électeur ou s’accrochent à lui. C’est un absent qui rôderait. Une espèce de fantôme.

Encore six jours et ils le rencontreront, en chair, et le plus souvent en os. Cet électeur inconnu sera tellement concret, tellement définitif, que huit candidats resteront sur le carreau, et que le neuvième sera à peu près KO. Car contrairement à une fausse idée qui court, le second tour n’est pas une autre élection. Depuis 1965, c’est le premier qui met le gagnant sur orbite présidentielle, non pas, d’ailleurs, par son classement (en tête ou en deuxième position), mais par les réserves de voix.

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