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Les leçons d'Angela à la Droite décomplexée

2 min

Pour un peu l’UMP qui tient aujourd’hui ses journées parlementaires aurait gagné les élections en Allemagne. A entendre ses responsables, la victoire d’Angela Merkel serait un signe de bonne santé pour le parti qui a perdu les élections en France, il y a moins d’un an et demi.

Le chargé des questions européennes à l’UMP, Pierre Lequiller, note ainsi que « le contraste est étonnant entre le succès politique de la chancelière, et l’échec de François Hollande ».

Il a raison. Mais le contraste vaut tout autant pour le prédécesseur du Président Français, un certain Nicolas Sarkozy. Au moment de sa défaite, l’idée soutenue par ses amis était que cette déconvenue n’était pas un naufrage personnel mais la conséquence de la crise, puisqu’elle avait atteint tous les dirigeants occidentaux.

Six mois plus tard Barak Obama était réélu, et dimanche dernier, une certaine Angela Merkel, triomphante, renvoyait à son tour les battus à leurs déboires, et à leurs responsabilités.

Et comme l’actualité récente a remis en avant la question de l’extrême-droite en France, l’UMP pourra toujours comparer « le langage de vérité » tenu par Mme Merkel, et loué par Jean François Copé, et le concept de droite décomplexée illustré en son temps par la fameuse parabole des pains au chocolat.

Mme Merkel, n’a pas centré sa campagne sur les dix millions d’immigrés qui vivent chez elle, soit treize pour cent de sa population, comme on a pu le faire en France, qui compte cinq à six millions d’étrangers.

Mme Merkel n’a pas non plus tenu de discours spécial à propos des soixante-dix mille Roms d’Allemagne, comme on a pu les entendre à Grenoble ou à Nice, à propos des quinze, ou vingt, ou trente mille migrants de Roumanie plus ou moins installés chez nous.

C’est qu’en Allemagne l’extrême-droite n’existe pas, ou peu. De ce point de vue, le pays dont on loue « les réformes structurelles » est totalement complexé, comme on dirait en France. La tragédie qui a marqué, et culpabilisé l’Allemagne, impose une retenue qui sert de garde-fou, et de chien de garde.

Pas chez nous. Chez nous c’est même l’inverse. Sous prétexte de Point Godwin, vous savez ce fameux moment où l’on compare un événement présent avec un autre ayant eu lieu dans les années 40, on culpabilise tous ceux qui seraient tentés, comme « Anne ma sœur Anne », la chanson de Louis Chédid, de faire des rapprochements qui crèvent pourtant les yeux.

Et l’on en fait si peu qu’au bout du compte, avec Angela Merkel la droite allemande fait 42% à elle toute seule, pendant que la Droite Française, toute en décomplexion, court derrière son extrême, qui grossit à vue d’œil…

Voilà un beau sujet de méditation pour L’UMP, le 17 octobre prochain, lorsqu’elle tiendra sa « Convention sur le bilan ».

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