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Les mécomptes de Carlos Ghosn

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Et maintenant 7500 postes supprimés… Renault c’est comme le téléthon mais à l’envers. Des chiffres qu’on affiche, mais à la baisse. Toujours en réduction. En 2002 le groupe employait 73000 salariés en France, en 2016 il en fera travailler 37200. Et toujours moins de voitures vendues. Les spécialistes du marché automobile se posent des tas de questions techniques sur la cause de ces résultats en berne, mais jamais celle du management.

Ca ne se fait pas : l’industrie automobile ce n’est pas comme le football. En football, quand une équipe se met à perdre, on se tourne vers l’entraîneur. On se demande si ses choix tactiques sont bons, si sa sélection est judicieuse, si sa gestion des hommes est efficace, si son équipe a du talent. Raymond Domenech a récemment écrit un livre à ce propos.

Quand Carlos Ghosn écrira ses mémoires il n’aura pas à raconter le même genre de désagréments. Arrivé en juin 2005 à la tête de Renault, il succède à Louis Schweitzer, avec une énorme aura (il a relacé Nissan) et avec un plan ambitieux : vendre 800 000 véhicules supplémentaires en lançant des voitures attractives, comme la Twingo 2 réaliser une marge opérationnelle de 6% en 2009, placer la nouvelle Laguna dans le top 3 de la haute qualité.

Rien de tout cela ne sera réussi. Les Renault se vendent mal. La Laguna ne convainc pas, la nouvelle Twingo n’a rien à voir avec sa géniale devancière, mais l’entraîneur n’est pas critiqué. Si Renault est en difficulté, c’est à cause de la crise, de la mondialisation, de la Corée, du coût du travail trop élevé en France. Les seules nouvelles en hausse sont celles de son salaire. Carlos Ghosn touche plus d’un million d’euros par mois.

En 2011 éclate une affaire insensée. Le PDG se rend dans les media, dénonce trois de ses cadres dans une affaire d’espionnage. Scandale énorme. Trois ingénieurs de premier plan sont renvoyés, Carlos Ghosn fait le ménage.

Le problème c’est que cette affaire est un faux, et qu’elle met en lumière, par l’absurde, le style de management d’un dirigeant pourtant élu à plusieurs reprises PDG de l’année.

Objectifs non tenus, mauvais choix sur des voitures qui ne plaisent pas au public, alors que Volkswagen ne cesse de mettre sur le marché des modèles attractifs, management interne de plus en plus critiqué, rien n’entame la tranquille sérénité du chef.

Hier, quatre jours après la signature d’un accord parait-il historique sur la sécurisation de l’emploi, il a fait une proposition aux partenaires sociaux : « soit vous signez la suppression de 7500 postes, soit je fermerai un site ».

C’est son style de dialogue social. Est-ce le bon, est-il crédible, a-t-il bien réussi, a-t-il fait les bons choix, ces questions ne se posent pas. Nous ne sommes pas au football…

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