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Les questions jamais posées sur le non-cumul des mandats, par Frédéric Métézeau

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> Découvrez en complément de ce billet : "Les beaux jours des cumulards"

Le non-cumul des mandats ne devrait pas s'appliquer avant 2017 selon Claude Bartolone, une annonce passée jeudi au second plan derrière le mariage gay ou les lasagnes au cheval. Le parti socialiste a déjà repoussé 4 fois la réforme depuis 2010, c'est dommage, mais on regrette aussi l'approche simpliste voire basique du débat. Les arguments ne manquent pas contre les "barons" ceux qui veulent tout faire et qui ne font rien de bien, cette classe politique toujours trop blanche, trop vieille, trop masculine et coupée des réalités, mais que pèserait le maire d'une ville petite ou moyenne sans autre mandat ? Pas grand'chose. Les maires de Paris Bordeaux ou Lille s'en sortent déjà sans cumuler mais le maire de Sevran (93) a dû se mettre en grève de la faim pour que le gouvernement aide sa commune. Il faudra donc donner plus de pouvoirs aux maires et aux communautés de communes, sinon ils sembleront toujours aussi démunis.

A propos, combien gagneront-ils ces élus mobilisés au moins 60 heures par semaine ? Là encore pas grand'chose : 2 500 euros bruts au maximum pour une ville de 10.000 habitants, de 4.200 à 5.500 bruts au-delà de 50.000 habitants, mais des villes de cette taille, il n'y en a que 257 en France. Alors, les autres, les "maires uniques" continueront à travailler - une autre forme de cumul - ou ce seront des retraités, bonjour le rajeunissement ! Il faudra donc repenser le statut de l'élu, sans oublier que si un parlementaire peut rester conseiller municipal, on imagine la lattitude d'action de son successeur désigné. Ce sera ambiance Poutine premier ministre de Medvedev... Bonjour le renouvellement !

Et les futurs parlementaires ? Ces parlementaires "uniques" ? Quel pouvoir dans un pays présidentiel comme la France ? Quelle prise sur la vie des citoyens et sur la société ? Pas bien grande, entre l'obligation de voter les projets du gouvernement et les lois jamais appliquées. Le non-cumul implique aussi un rééquilibrage des pouvoirs en faveur du parlement et l'instauration de la proportionnelle...

En politique, il y en a eu des bonnes idées. Ou plutôt des idées de bon sens mais qui n'ont rien changé : session unique au parlement, régionalisaion du mode scrutin des européennes et même le quiquennat si moderne et soi-disant si attendu par les français, dont on voit aujourd'hui qu'il empêche toute réflexion à long-terme. C'est pareil pour le non-cumul, vraie-fausse bonne idée sans les réformes annexes, idée valise, idée slogan, idée enterrée jusqu'à 2017.

Frédéric Métézeau

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