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Les ralliements peuvent-ils peser sur l'élection

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Autant se demander si les grenouilles déclenchent-la pluie quand elles grimpent à l’échelle… Les ralliements de Martin Hirsh ou Fadela Amara à François Hollande sont plutôt des symptômes. Prière de ne pas confondre le baromètre et l’anticyclone des acores.

Mais le fait est là. Des personnalités de gauche, mais qui ont participé aux gouvernements de droite, reviennent à leurs premières amours et tout Paris bruisse d’une question sans réponse : « est-ce que ces ralliements en chaîne vont peser sur l’élection ? »

En 2007, on avait vécu l’inverse. Allez savoir pourquoi, des politiques, des membres de la société civile, des intellectuels, avaient soudain trouvé des qualités cachées à Nicolas Sarkozy. En 2012, un Gulf Stream de même nature, convainc les mêmes, et d’autres, à converger vers celui qui pourrait le battre.

D’anciens ministres de la période Chirac ont renforcé le mouvement, Corinne Lepage, Brigitte Girardin (une très proche de Dominique de Villepin), Azouz Begag, mais aussi des familiers de Jacques Chirac, voire l’ancien président lui même.

Ces annonces peuvent avoir un effet contradictoire. Elles frappent au symbole, elles donnent corps à ce que disent les sondages, elles les matérialisent, donc elles agacent la majorité.

Mais cette manière de voler au secours d’une victoire annoncée, pour des intérêts divers n’ayant pas forcément de lien directs avec l’intérêt public, peut tout aussi bien agacer, donc avoir la conséquence inverse.

Sur le plan électoral, les effets s’annuleront, mais sur l’image des politiques, et de la politique en général, ces allers-retours pourraient quand même laisser une trace.

Ecouter les sifflets de l’UMP et se souvenir des applaudissements quand les mêmes s’étaient ralliés il y a cinq ans, peut paraitre amusant. Se souvenir des acclamations vers Claude Allègre, quand il a annoncé qu’il voterait Sarkozy, peut sembler pittoresque…

Le problème c’est que tous ces petits transferts donnent une certaine image de la politique à ceux qui n’en font pas. La politique ne cesse de faire appel au désintéressement, au dévouement, au service, elle s’appuie sur des militants qui y croient suffisamment pour faire de longs voyages dans le but d’agiter trois drapeaux pendant une demie heure afin de faire masse dans un meeting, et pendant ce temps les champions passent d’un équipe à l’autre, comme des joueurs de foot, sans parler des entraîneurs, genre Minc, Attali, voire Lang ou Rocard, qui jouent dans les deux camps au nom de l’intérêt supérieur.

On cherche à longueur d’année des causes à ce qu’on appelle les dérives populistes, qui se caractérisent souvent par le rejet des politiques. Il n’est pas tout à fait exclu que ces petits jeux sans importance y contribuent un peu, beaucoup, passionnément, voire même à la folie.

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