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Lettre ouverte aux partis politiques

2 min

Cher Jean-François, cher Benjamin, chère Valérie, cher Sébastien, chers membres de la cellule de Riposte de l’UMP, chers Delphine, cher Jean-Jacques, chers membre de la cellule de riposte du PS, cher tous les autres qui êtes tellement inquiets pour nos sensibilités au sortir de la terrible affaire que nous venons de vivre.

Je vous écris au nom des électeurs que vous prenez pour des enfants, et j’ai peur de vous blesser, ou pire, de vous choquer.

Comment vous dire… Voilà… Nous ne sommes pas né de la dernière pluie. Nous savons même comment naissent les présidents, ces enfants du suffrage universel, c’est à dire de tous les citoyens.

Nous savons… Allez, je vais vous le dire… Nous savons qu’ils ne sont pas apportés par la cigogne, mais qu’ils sont issus d’un acte d’amour parfois brutal entre les électeurs et les candidats. Et oui, même dans les cours de récré de nos petites vies, nous connaissons vos secrets

Nous savons qu’une campagne électorale n’est pas seulement une séance de bisous. Nous savons que le candidat Sarkozy, en s’effaçant derrière le Président, a cherché à s’imposer… Nous avons bien remarqué que celui qui passe pour Favori, François Hollande, a joué le président bis, de crainte d’être réduit au rang de candidat. Il ne nous a pas échappé, non plus, que la retenue générale consistait d’abord à ne pas insulter l’avenir immédiat, c’est à dire à ne pas prononcer de mots qui reviendraient comme des boomrangs.

Et même sans vous avoir surpris par le trou de la serrure, nous devinons que tous autant que vous êtes, vous avez décortiqué les sondages quotidiens pour savoir si votre attitude avait été payante ou pénalisante. En même temps, ne tombons pas dans le tous pourris, nous sommes certains que derrière le ballet obligé, les candidats que vous êtes sont aussi des hommes et des femmes, et que la compassion que vous avez exprimée était forcément sincère, et que la gravité de vos visages n’était pas une comédie.

Nous sommes conscient de toutes ces choses, donc ne vous fatiguez pas. N’en rajoutez pas dans les superlatifs, de peur que nous soyons choqué. « Ignoble » avez-vous dit, à propos de François Bayrou, c’est un peu exagéré, nous n’avons pas eu si peur que ça. « Pathétique volonté d’instrumentaliser le drame terrible de la part du PS » c’est un peu Sarah Bernard récitant Le Pont Mirabeau en roulant le R. « Honte à Jean-François Copé, c’est infâmant » comme dit Delphine Batho, c’est un peu grandiloquent.

Du calme, ne faites pas les mijaurées. Une campagne est une campagne. C’est une bagarre démocratique. Menez là sans fausse pudeur, ce sera la meilleure réponse à la barbarie qui vient de frapper à Toulouse.

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