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Mais où est donc passée l'UMP ?

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Alors que l’armée française continue d’avancer au Mali, et que s’ouvre à l’assemblée nationale le débat sur le mariage universel, l’UMP n’en finit pas d’explorer l’UMP. François Fillon réunit ses parlementaires aujourd’hui, pour exposer sa stratégie, et Jean-François Copé était hier à Villeurbanne pour lancer une tournée des fédérations c'est-à-dire sa campagne interne en vue de la nouvelle élection à la présidence du parti.

En renvoyant cette élection à septembre, après l’élection irrégulière de novembre et la guerre qui s’en est suivis, les partisans des deux hommes ont choisi une voie médiane, qui n’humiliait personne. Organiser un nouveau vote, et dans d’autres conditions, ce qui revenait à invalider la présidence de Jean-François Copé, mais à la prochaine rentrée, ce qui revenait à le confirmer pour une période transitoire.

Il s’agissait de ne pas trancher dans le vif pour ne pas trancher les têtes, donc pour ne pas casser le parti en deux. Il se trouve qu’en procédant de la sorte, c'est-à-dire en remettant la solution des problèmes à plus tard, l’UMP pourrait avoir enclenché une longue période de paralysie.

Ainsi, l’organigramme provisoire, qui consistait grosso-modo à doubler tous les circuits, n’en finit pas d’être discuté. Il a été publié il y a deux semaines, mais Jean-François Copé voudrait le compléter avec certains de ses amis, comme Rachida Dati, ce qui hérisse François Fillon, lequel imposerait François Baroin, etc. etc., le comité de rédaction des nouveaux statuts atteindrait les trente personnes.

Fillon, qui ne penserait qu’à la présidentielle de 2017, serait sur le point de renoncer à la mairie de Paris, en favorisant Nathalie Kociusko Morizet, qui s’opposerait ainsi à Rachida Dati, et son idée serait de porter à la présidence de l’UMP non pas un Président, mais deux co-président de ses amis. Cependant, si la seule possibilité d’écarter Jean-François Copé était d’y aller lui-même, il pourrait être candidat.

Pour simplifier les choses la bataille interne de septembre débouchera immédiatement sur la campagne municipale, et donne donc lieu, dès aujourd’hui, à des guerres de position qui font écho aux luttes pour le contrôle du parti, on le voit bien à paris où la campagne a déjà commencé.

Tout cela va donc durer tout un hiver, un printemps, puis un été, avec une concurrence Fillon Copé doublée de la montée en ligne de la nouvelle génération, Le Maire, Apparu, Kosciusko-Morizet, Baroin, Pécresse, chacun réagissant forcément à l’actualité en fonction d’une triple perspective interne, la Présidence de l’UMP, les investitures dans toutes les villes de France, puis les présidentielles.

Autant dire que le principal parti d’opposition sera tout entier absorbé par lui-même. Cela veut-il dire que cet UMP décroché des réalités décrochera aux élections. Pas forcément. En politique, bien des victoires sont le résultat de la défaite des adversaires, et de ce point de vue, l’opposition fait confiance au pouvoir.

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