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Mariage : attention au divorce

3 min

Ces centaines de cars, des dizaines de TGV, des dizaines de milliers de porteurs de banderoles, la préparation de la manifestation contre le mariage homosexuel a des allures de meeting du Trocadéro, entre deux tours de la Présidentielles. Le mouvement s’est clairement politisé. La question est de savoir si cette politisation Droite-Gauche correspond à la structure de l’opinion.

Il est probable que le mouvement sera puissant. La perspective de ce mariage, et plus encore de l’adoption, heurte assez profondément une partie des Français pour faire descendre dans la rue un cortège important. Le pari de l’UMP version Copé c’est que ce mouvement traduit une colère plus vaste, et majoritaire, contre la gauche au pouvoir, accusée de jouer avec le sociétal pour masquer son impuissance sur les urgences économiques et sociales.

Le risque, c’est qu’en transformant la partie la plus radicale de son électorat en symbole de toute la Droite, l’UMP ne choque une partie de son propre électorat.

Car tout le monde n’est pas d’accord pour descendre dans la rue. Les nuances sont nombreuses entre ceux qui, comme Franck Riester ou Roselyne Bachelot, sont favorables au projet de loi, ce ne sont pas les plus nombreux, et ceux qui, comme Nathalie Kociusko Morizet ou Bruno Le Maire, ne trouvent pas appropriés d’aller manifester sur une question de cette nature.

Cette division à l’UMP court sur l’ensemble de l’échiquier politique. On a beaucoup parlé cette semaine de l’espèce de schisme survenu au Front National entre les modernistes, regroupés autour de Marine Le Pen, et les classiques, rassemblés autour de son père, qui sont allés jusqu’à dénoncer un lobby homosexuel dans la nouvelle direction de leur parti.

Au PS l’unanimité n’est pas non plus de mise. Une partie du groupe a voulu aller plus loin que le mariage et proposer un amendement sur la procréation médicalement assistée avant d’y renoncer, tandis que d’autres personnalités, comme Elisabeth Guigou considèrent que cette question du mariage n’est pas une priorité et ne concerne pas les profondeurs du pays.

Donc un clivage à l’intérieur des forces politiques plutôt qu’un face à face droite gauche, mais une vigueur des oppositions qui rappelle la guerre du Pacs en 1999.

C’est là que se jouera le destin politique de ce dossier, non pas de son vote qui parait acquis, mais de l’effet qu’il laissera dans la société. La foule de dimanche prochain peut entraîner le pays, et peut aussi le choquer.

En 99, impressionné par la force des opposants au Pacs, Pierre Lellouch avait eu cette prédiction : le Pacs sera le Vietnam de Lionel Jospin. Au bout du compte ce fut celui de la droite, qui se ringardisa.

Le tout sera donc de savoir si dimanche soir, dans cette affaire de mariage, c’est l’opposition ou la majorité qui aura divorcé avec le sentiment majoritaire des Français du vingt et unième siècle….

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