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Mariage : épilogue d'un printemps pourri

2 min

On a donc pris un fantasme pour une réalité, et une crise d’allergie pour une éruption volcanique… Comme c’était prévisible depuis un bon mois déjà, il n’y aura pas de printemps français, ni de 1789, ni de mai 68 à l’envers. Il y a eu une très forte opposition à la loi sur le mariage homosexuel, mais l’illusion d’un soulèvement général est maintenant dissipée.

Ce mouvement important a connu ce que vivent depuis trente ans toutes les protestations massives. Il a été d’une extrême banalité dans sa montée puis son déclin. Sa chance c’est d’avoir rencontré un succès médiatique exceptionnel grâce à une nouveauté. Pour une fois ce n’était pas la gauche ou l’extrême gauche qui se réclamait de la rue, c’était la droite et l’extrême droite.

Tout cela pouvait donner l’impression qu’une lame de fond, d’un genre entièrement nouveau, surgissait dans le jeu de quille du ronron politique. Tout cela pouvait aussi créer des illusions

Il y avait comme de la naïveté dans l’air, de la part des organisateurs, émerveillés de leur succès, et cette crédulité s’est transmise aux Rédactions, souvent persuadées qu’une puissance inconnue se révélait en direct.

Le problème c’est que ce mouvement, même de droite, a vécu ce que vivent les mouvements de ce type, même de gauche. Soit ils gonflent, et ils deviennent irrésistibles, ce qui arrive parfois. Soit ils grossissent, puis plafonnent, puis déclinent, et se retrouvent dépassés par des sous-groupes violents, comme hier soir encore aux Invalides. En un mot comme en cent ils se mettent à pourrir.

Il faut savoir arrêter une grève, il faut aussi savoir mettre un terme à un mouvement, sans quoi il se morcelle. Hier, par exemple, il n’y avait pas un cortège, mais quatre, et côté politique il y avait un bout de Front National ici, et un autre à la maison, tandis qu’à l’UMP certains étaient absents, et parmi les présents il y avait Jean-François Copé qui pensait aux municipales, tandis que Laurent Wauquiez déclarait que « la décence » interdisait la récupération.

Cela dit, que l’Elysée ne pavoise pas trop vite. Jamais un pouvoir confronté à une telle opposition n’a gagné l’élection suivante. Mitterrand a perdu en 1986 après l’affaire dite de l’école libre, Chirac a perdu en 88 après la réforme Devaquet, Balladur a perdu en 95 après les manifestations sur la loi Falloux, Chirac a perdu en 98 après les grèves de 1995, Raffarin ne s’est pas relevé des cortèges de 2003 sur les retraites, comme Villepin ne s’est jamais dépêtré du CPE, et si Nicolas Sarkozy a pavoisé à la fin des énormes manifestations de 2010 sur les retraites, il est devenu conférencier à partir de 2012.

En ce sens l’avenir du parti socialiste, notamment municipal, se présente moins que jamais sous des auspices très roses…

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