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Mariage gay, la victoire posthume d'Olivier Ferrand, par Frédéric Métézeau

2 min

A 16h15 l'Assemblée votera solennellement le mariage pour tous. Et cela apparaît comme un triomphe des idées du défunt président de Terra-Nova, éphémère député socialiste quelques semaines avant sa disparition. Petit rappel : le 10 mai 2011 le think-tank social-démocrate publie une note intitulée Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? où Olivier Ferrand évoque "un électorat progressiste sur le plan culturel, persuadé que Mai 68 a entraîné la gauche politique vers le libéralisme culturel : liberté sexuelle, contraception et avortement, remise en cause de la famille traditionnelle". La note poursuit : pour séduire cet électorat "naturel" il faut s'adresser à ses "valeurs" parmi lesquelles "la tolérance, l'ouverture aux différences, une attitude favorable aux immigrés, à l'islam et à l'homosexualité". Voilà donc la gauche qui s'apprête à adopter l'une des réformes sociétales les plus importantes de l'après-guerre et qui se retrouve accusée d'avoir oubliée sa fibre populaire. Aujourd'hui les salariés de Goodyear, la FNAC ou FRALIB vont manifester contre leurs licenciements, l'aile gauche du PS et le Parti communiste dénoncent la loi de réforme bancaire trop molle - même David Cameron fait plus musclé - bref d'une certaine façon la lutte des classes existerait toujours, c'est l'avis de 2 français sur 3 selon un sondage IFOP publié début janvier. Alors pour ne pas se faire oublier des classes populaires, François Hollande annonce une loi sur la reprise des entreprises "rentables" dite "loi Florange", insuffisante pour les syndicats qui réclament toujours une loi sur les licenciements boursiers. Conscient de son décrochage dans certains milieux le chef de l'Etat essaie donc de faire mentir le journaliste du Nouvel Observateur Hervé Algalarondo qui dénonce une gauche devenue "prolophobe" ou Jean-Christophe Galien, professeur à la Sorbonne et libéral-pro-européen qui interpelle le président dans LaTribune : il faut "moins de Taubira et plus de Moscovici".

Le chef de l'Etat essaie aussi faire mentir un autre oracle qui proclamait en novembre dernier que "le contexte économique, l'emploi, le pouvoir d'achat n'interviennent que très accessoirement dans la construction du vote"

Que "la mondialisation a considérablement érodé les marges de manoeuvre du politique"

Que "le vrai clivage n'est plus économique mais socio-culturel"

Du Patrick Buisson dans le texte, le théoricien de la droite décomplexée.

Alors qui donc, à l'heure du mariage gay, pour épouser la cause des classes populaires et des salariés en difficulté ?

Peut-être Terra Nova, au bout du compte, qui pourrait se réorienter sous la houlette du successeur d'Olivier Ferrand nommé François Chérèque.

Frédéric Métézeau

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