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Mariage homosexuel : les opposants marquent leur territoire

2 min

La question du mariage homosexuel va donc rester à la pointe de l'actualité. La manifestation d'hier a été "consistante" selon l'Elysée, qui a cependant assuré que la loi serait présentée devant le parlement, le 27 janvier. Ce rassemblement n'a pas atteint l'ampleur du mouvement de 1984 à propos de l'école privée mais il est suffisant pour maintenir la pression sur le président de la république, pris en étau entre deux hypothèses dangereuses : le recul ou le maintien. Le recul serait naturellement catastrophique pour l'image d'autorité, déjà très contestée de François Hollande. Obtempérer à un rassemblement très inférieur en nombre à celui que Nicolas Sarkozy a pu affronter avec la réforme sur les retraites serait une défaite en rase campagne, qui doperaient l'opposition et désespèrerait la majorité. Ce débat sur un problème sociétal n'épouse pas vraiment le clivage droite-gauche, mais un renoncement du Président de la République prendrait les allures d'une victoire de la droite, et elle aurait des conséquences majeures. Cette "politisation" est d'ailleurs le risque le plus dangereux pour l'Elysée, si, comme c'est probable, il décide de faire face. Pour l'instant, avec son petit côté réac et religieux, le mouvement "consistant" d'hier est loin de représenter la diversité des forces d'opposition. Mais rien ne dit que les effets de l'affrontement, et le rapport de forces, n'amèront pas, pour des raisons de tactique et d'opportunité, les courants progressistes de la droite (ils existent) à rejoindre les réacs et les extremes pour infliger une espèce de revanche spectaculaire à un PS qui les a défaits en mai et juin. Si la question du mariage homosexuel devait se politiser pour de bon, sous la forme d'une vraie bataille droite gauche, ce ne serait pas 500, 600, ou 800 000 personnes qui déferleraient dans les rues, mais un million-cinq ou deux millions. Voilà pourquoi, les jours prochains, François Hollande, qui ne peut pas reculer, qui a même le dos au mur, va tenter de rafraichir l'atmosphère. De refroidir les colères. Hier il disait déjà que la manifestation exprime une sensibilité qui doit être respectée. C'est ce qui s'appelle se mettre en apnée pour éviter de souffler sur la braise...

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