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Mariage : le tango argentin de François Hollande

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Après avoir promis le mariage universel, ouvert aux homosexuels, mais sans feu vert à la procréation médicale assistée, la PMA, puis avoir indiqué aux maires qu'ils pourraient disposer d'une clause de conscience pour ne pas le célébrer, puis concédé aux associations gays et lesbiennes que cette clause était une maladresse, François Hollande vient donc de déléguer à sa majorité le droit de voter la PMA.

Décidément, sur les sujets sensibles, la communication, ou la posture présidentielle empruntent des chemins contradictoires. Officiellement les aller et retour sont justifiés par un sens du dialogue, qui serait la marque de la social-démocratie mise en avant par le pouvoir élu en mai.

Au vu de la situation politique du couple exécutif, il semblerait que ce goût du compromis finisse par devenir illisible, et par passer, au mieux, pour une main hésitante et indécise, et, au pire, pour une propension à céder au premier lobby qui passe.

Ce problème est lourd et il pèsera sur l'avenir du quinquennat s'il continue, sur chaque sujet ou presque, à offrir cette image de tango argentin.

A tort ou à raison, sur la question du mariage, François Hollande qui va pourtant s'avancer, a paru reculer devant les manifestations des opposants et de l'église, puis faire machine arrière à la veille du cortège des partisans du mariage, ce week-end

A tort ou à raison la même avancée en crabe, ou le même recul, a transformé en pataques politique l'intervention de l'Etat sur le sort de Florange. La réalité positive d'un plan social évité, même momentanément, a été balayée par une polémique bien française sur le principe de la nationalisation, tour à tour présentée comme le diable ou le bon dieu.

Premier temps une communication qui plait aux salariés inquiets, rassurés d'être couverts par l'état protecteur, deuxième temps des décisions qui ont l'air de concéder au réalisme économique.

Sourires par ci, sourires par là, grimaces partout quand ce n'est pas, comme à Florange chez des salariés sans doute enviés à PSA Aulnay, l'expression d'un sentiment de trahison.

Qu'en sera-t-il avec l'aéroport de notre Dame-des-Landes. D'ici à ce que le gouvernement maintienne l'implantation d'une piste d'atterrissage pour faire plaisir à la chambre de commerce, mais renonce à la piste de décollage pour calmer les cabanes, il n'y a pas des kilomètres.

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