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Mariage : référendum, obstruction, et tartes à la crème

3 min

Coucou, revoilà le référendum et l’obstruction parlementaire. La semaine qui s’ouvre va ressembler à un bégaiement de l’histoire, à l’occasion du débat sur le droit au mariage pour les couples homosexuels. L’opposition, qui est actuellement à droite, va en appeler au peuple, et inventer toutes sortes de propositions pour ralentir le vote que la majorité, actuellement de gauche, va remporter mécaniquement.

C’est une constante depuis trente ans. L’opposition fait durer le débat dans le pays en le faisant traîner au parlement. L’opposition l’a fait en 82, quand elle était à droite, en 93, quand elle était à gauche, en 99, quand elle était à droite, le record allant à la gauche en 2006, à l’occasion de la privatisation de Gaz de France, avec 137.491 amendements.

Le gouvernement s’en plaint au nom du civisme, comme Christine Taubira ce dimanche, l’opposition en joue au nom de la liberté d’expression comme à partir de mardi prochain. Cela peut consister, c’est arrivé avec le socialiste Patrick Bloche en 2008, à s’excuser d’avoir confondu Casimir avec le Canard Saturnin pendant un quart d’heure à la tribune, ou à faire un discours de cinq heures vingt cinq minutes comme Christine Boutin, bible à la main, à propos du Pacs…

En 2010, au nom du sérieux parlementaire et de la dignité de la république la majorité UMP a décidé d’en finir et de limiter la durée des débats en instaurant ce que la gauche avait appelé le temps guillotine.

En 2013 mêmes arguments, mais en échangeant les rôles. L’UMP va protester contre le couperet, et la gauche va l’actionner.

Cet aspect rituel, on le retrouve dans l’appel au référendum. Là aussi la gauche et la droite sont tour à tour d’accord pour le proposer, mais jamais en même temps. On l’exige quand on est dans l’opposition, on le refuse quand on est dans la majorité.

Avant dernier exemple, la réforme des retraites. A l’initiative du journal Politis, une pétition de centaines de milliers de signatures en appelait au choix du peuple.

Dernier exemple : Henri Guaino, et toute la droite, implorent François Hollande de consulter les électeurs au sujet du mariage pour tous.

En réponse, la gauche pourra répéter le Niet d’Eric Woerth, prononcés en 2010 : « Quand on ne sait plus quoi faire on en appelle à un référendum. Le gouvernement n’est pas dans l’incantation, il est dans la responsabilité ».

Avec l’obstruction, et avec le référendum, les politiques ressemblent à des joueurs de poker qui exigent de changer les règles en fonction des cartes qu’ils ont en main.

Le résultat, au mieux, est un haussement d’épaules. Au pire c’est le récent sondage du Monde et du CEVIPOF : 72% des français considèreraient que le système démocratique français fonctionne plutôt mal, et 82% que les responsables politiques agissent principalement en fonction de leur intérêt personnel …

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