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Marseille : "on tire toujours mais c'est pas pareil"

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Dix ans de proclamations martiales, de karcher, de lois sécuritaires en cascades, mais de résultats en demi-teinte n’y auront donc pas suffi. En terme politique le fait divers, la violence, la peur, l’insécurité, ne sont toujours pas perçus comme des faits de société complexes, mais traités comme des caricatures. Des marqueurs politiques. La violence aurait choisi son camp. Elle accuserait la gauche.

Ainsi, d’après ce qu’on entend après le dernier règlement de compte à Marseille,

Mercredi un jeune homme de 25 ans a été tué d’une rafale de kalachnikov dans les quartiers Nord de Marseille. Quatre jours plutôt un autre règlement de compte a coûté la vie à une victime du même âge, dans les quartiers Sud cette fois. Le 22 juillet un homme a été abattu, dans les Quartiers Nord…

La droite, et notamment les proches de Nicolas Sarkozy savent exactement pourquoi. C’est la faute à la gauche laxiste.

« Monsieur Ayrault néglige complètement la réalité du phénomène criminel » a accusé l’ancien Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant.

Brice Hortefeux a aussi rendu sa sentence : « Les coups de menton et les exhibitions de biceps ne suffisent pas quand il y a des signaux de faiblesse qui sont adressés. Une politique de zig et de zag conduit à l’échec » fin de citation.

Analyse qu’un autre responsable UMP, Eric Ciotti, confirme avec le même tranchant : « Tout au long de l’été Manuel Valls et la ministre de la justice Christine Taubira ont tenu des propos contradictoires laissant penser aux délinquants que désormais ils pourraient agir en toute impunité ».

C’est clair et net : si le 6 mai dernier les Français avaient réélu Nicolas Sarkozy, Marseille et sa région ne seraient pas dans ce sinistre état.

D’ailleurs les chiffres parlent d’eux mêmes

Depuis la prise de fonction de François Hollande, cinq règlements de compte ont eu lieu, c'est-à-dire plus d’un par mois, alors qu’auparavant…

Auparavant, en 2011, c’était le calme et la sérénité, quasiment la volupté. A peine 20 règlements de compte, pour les mêmes causes essentiellement, l’économie de la drogue, soit un total de 29 victimes dont 16 décédés. A peu près rien, quoi.

Et cette année, en 2012, du 23 février au 11 mai, donc sous le mandat précédant, 13 morts en un mois et demi, débouchant, le 12 mai, sur une marche blanche de lassitude organisée dans les rues des quartiers Nord pour dire « Non à la violence ».

Ainsi les régimes changent et la vie continue, la vie si l’on ose dire, mais c’est comme dans le fameux sketch des Inconnus : « on tire toujours mais c’est pas pareil ».

Désormais, comme dit la Une du Figaro, « l’état est désarmé face aux Caïds de la drogue », alors qu’auparavant il était à la manœuvre. La preuve, Claude Guéant s’était rendu sur place, et il avait changé de préfet !

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