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Montebourg et Cahuzac dans la tempête, le gouvernement tangue par Frédéric Métézeau

2 min

Cahuzac et Montebourg sous Hollande, c’est toutes proportions gardées l’attelage DSK-Aubry sous Jospin. L’un apporte une caution social-libérale, une rigueur rassurante pour les marchés, le patronnat et même pour l’opposition de droite; l’autre est censé incarner un socialisme plus interventionniste, plus à gauche, c’est la tête de turc de l’opposition que les élus de droite aiment appeler "monsieur Montebourg" comme ils disent "madame Aubry". Cahuzac et Montebourg, les deux mâles dominants de Bercy, le réducteur (de dépenses) et le redresseur (d’entreprises) experts dans l’art de se créer des ennemis incarnent la synthèse de ce début de quinquennat, l’équilibre entre relance industrielle et réduction de la dépense, comme Aubry et Strauss-Khan équilibraient le gouvernement Jospin, un gouvernement qui ne se remit jamais vraiment de leurs départs...

Aujourd’hui nous n’en sommes pas là, Jérôme Cahuzac n’est coupable de rien, Montebourg ferme sa gueule et ne démissionne pas, les deux restent dans la place mais le gouvernement tangue et notamment le premier ministre. Sur le dossier Mittal, Jean-Marc Ayrault semble hors-jeu, gifflé par le retrait du projet ULCOS et c’est François Hollande lui-même qui a dû prendre la parole hier soir pour assurer que les engagements seraient tenus. Dans le même temps bon nombre de députés socialistes soutiennent les positions d’Arnaud Montebourg, choqués par le comportement du premier ministre à son égard "il y est, il y reste " (au gouvernement) on a quand même vu mieux comme soutien…

Idem dans sa façon retenue de soutenir Jérôme Cahuzac après la publication d’un enregistrement par médiapart : "Je n'ai pas eu le temps d'observer mais j'ai toute confiance en Jérôme Cahuzac" et c’est de droite que viennent les hommages les plus appuyés, Jean-François Copé, Gilles Carrez, Hervé Morin. Seul Laurent Wauquiez demande étrangement des preuves de l’innocence de Jérôme Cahuzac.Voilà donc la caution de gauche soutenue par les députés de gauche contre son premier ministre et la caution de droite mieux soutenue par les députés de droite que par son premier ministre. Jean-Marc Ayrault se retrouve au milieu, humilié dans l'affaire Mittal et fragilisé à quelques jours du vote d'un budget 2013 particulièrement drastique porté par Jérôme Cahuzac..."En démocratie, quand un ministre s’occupe d’un dossier lourd, qui consiste à demander beaucoup d’efforts et de sacrifices aux Français, nous avons le droit d’exiger que ce ministre soit totalement crédible "... Des propos de Jean-Marc Ayrault à l'encontre d'un ministre du budget mis en cause par mediapart. C'était le 28 juin 2010 sur son blog... Il s'agissait alors d'Eric Woerth.

Frédéric Métézeau

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