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Municipales : faux mystères et vraies impasses

3 min

A six mois des municipales le discours dominant oscille entre une fausse question (ces élections seront elles locales ou nationales ?), et un cataclysme invérifiable : Marine Le Pen monte en puissance. Prenons dans l’ordre…

La fausse question revient tous les six ans, comme un refrain. Et selon les instituts de sondages, les Français penseraient d’abord aux intérêts locaux, sauf que c’est faux. L’histoire des trente cinq dernières années dit exactement le contraire.

Pour être plus précis, on peut distinguer deux périodes pour les élections locales. Celles qui coïncident avec une présidentielle ou qui la suivent de très peu, comme en 1989 ou 1995, et celles qui sont au milieu d’un mandat, comme en 77, 83, 2001, et 2008.

Dans le premier cas, le scrutin est peu politisé. En 1989 la gauche gagne, mais seulement deux villes, et en 95 la droite en conquiert à peine cinq.

En revanche en 1977, soit trois ans après l’élection de Valéry Gicard d’Estaing la gauche raffle 55 villes de plus de 30 000 habitants en 1983, donc deux ans après l’arrivée de François Mitterrand, la droite fait basculer 36 villes en 2001, quatre ans après la victoire de Lionel Jospin, la droite reprend 19 villes et en 2009, deux ans après l’élection de Nicolas Sarkozy le balancier va vers la gauche avec 29 villes.

Deux ans après l’accession de François Hollande à l’Elysée, la Droite, grâce à un mouvement national de sanction du pouvoir, devrait donc récupérer un nombre important de communes.

Sauf qu’il y a une inconnue majeure. Le score du Front National qui pourrait troubler le jeu. Or cette poussée présumée est présentée comme une certitude officielle. Selon le Journal le Monde de samedi, ou le journal du dimanche d’hier, la très forte poussée du Front National ne serait pas une hypothèse. Marine le Pen ne serait pas en passe d’engranger un millier d’élus, elle les aurait, pour ainsi dire, déjà gagnés. On présente même leur pédigrée : ils seraient jeunes, diplômés, et viendraient de tous les horizons, UMP, PS, Parti communiste, extrême gauche…

Sur quoi s’appuient ces projections ? Sur un climat. De quoi ce climat est-il fait ? Des difficultés de la gauche, des divisions de la droite, et naturellement des enquêtes d’opinion.

Ainsi les sondages, qui sont des humeurs, sont ils mis sur le même plan que les vrais élections, qui sont des décisions.

Il y a juste un bémol. Très souvent les sondages de l’automne sont contredits par les votes du printemps. Si ça n’était pas le cas, si les amis de la famille Le Pen atteignaient les scores qu’on anticipe, les municipales seraient absolument politiques, et leur résultat n’engagerait pas une évolution, mais un bouleversement.

Autant dire qu’il est prudent d’attendre… Dans l’histoire de l’humanité, aucune révolution n’a jamais été annoncée six mois avant sa mise à feu.

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