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Nelson Mandela, un politique. Par Frédéric Métézeau

3 min

L'oeuvre de Nelson Mandela peut aussi inspirer les hommes et les femmes politiques car la fin de l'apartheid, la réconciliation nationale et l'installation d'un pouvoir démocratique durable sont l'issue d'un processus politique, c'est à dire une action humaine volontariste et planifiée dans des circonstances données, avec des partenaires, et non-pas une posture passive ou d'opposition frontale permanente. Frederik De Klerk explique que toutes les conditions étaient réunies pour que son pays bascule : processus de paix en Namibie occupée par l'Afrique du Sud, chute du mur de Berlin preuve qu'aucun ordre politique n'était immuable, pressions diplomatiques et économiques sur le gouvernement d'Apartheid, poussée démographique d'une population noire toujours plus nombreuse. Mais en politique il ne suffit pas de circonstances il faut aussi les hommes pour les accompagner. Une fois libéré Mandela a fait de la politique. Avec un pré-supposé : la vengance n'est pas une solution et un objectif : la réconciliation entre les noirs (déchirés entre ANC et parti inkata) et entre noirs et blancs. Loin d'un Mugabé animé par la vengeance, le Président Mandela installe la commission Vérité et Réconciliation, en échange d'aveux et d'excuses publics, ceux qui ont commis des crimes sous l'apartheid sont amnistiés mais la commission pointe aussi les exactions de l'ANC en Afrique du Sud et dans les pays voisins. Ce choix politique de l'amnistie et non de l'épuration mécontente une partie de l'élite politique blanche et de l'ANC mais Mandela tient bon, conscient que pour dépasser les haines, la politique consiste aussi à se fâcher avec ses propres amis. En 1995, une nouvelle fois au nom de la réconciliation, il stupéfie une partie de la population noire en soutenant l'équipe nationale de rugby sport des blancs alors que le football est celui des noirs, mais Mandela porte le maillot des Springboks. Enfin Mandela comprend qu'un processus politique doit s'accompagner d'un processus économique : construction d'un million de logements, meilleur accès à l'eau potable et à l'électricité, etc. Bien sûr son bilan intérieur est imparfait, la violence et la délinquance se sont installés en afrique du sud et pendant des années il n'y a pas d'action efficace contre le SIDA mais Mandela accomplit un ultime acte politique en 1999, peut-être le plus essentiel quand il ne se représente pas volontairement. En accomplissant un seul mandat présidentiel, il apporte la garantie qu'un régime démocratique est bel et bien installé et que la constitution qu'il a mise en place lui survivra. On dit le politique en crise et la politique impuissante mais Mandela prouve que des hommes peuvent encore agir sur le cours des évènemets dans le cadre d'une action politique et démocratique.

Frédéric Métézeau

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