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Ordre juste ou race impure ?

2 min

Les déclarations de Manuel Valls à propos des Roms provoquent à gauche le même séisme que celles de François Fillon à l’UMP, au sujet du Front National. Elles ont franchi une ligne rouge, un Rubicon moral, qui fait l’effet d’une bombe à fragmentation.

Hier Cécile Duflot a ainsi saisi solennellement le Président de la République, en parlant de « menace sur le pacte républicain ». De nombreux ministres avaient déjà pris leurs distances, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Michel Sapin, de même que Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale, ou Harlem Désir Premier secrétaire du PS.

« Mes propos ne choquent que ceux qui ne connaissent pas les dossiers » s’est défendu Manuel Valls en plaçant le différent à un niveau non pas moral mais technique.

Il s’agirait seulement de faire respecter la loi, en ne tolérant pas que des personnes s’installent quelque part sans autorisation. L’objectif serait aussi de mettre fin à des actes de délinquance, qui existent bel et bien, et qui provoquent effectivement l’exaspération des riverains concernés.

Il s’agirait enfin de démanteler des réseaux de cambriolages venus de Bulgarie ou de Roumanie, qui s’appuieraient sur les camps de fortune, pour recruter de la main d’œuvre.

Le Ministre de l’Intérieur ne ferait ainsi que son métier, c'est-à-dire ramener l’ordre et la sérénité.

Il poserait, dans son style volontariste le vieux problème de la rigueur et du laxisme : d’un côté, lui, le réaliste qui assumerait le sale boulot et de l’autre, eux, ceux qui auraient les mains propres mais qui n’auraient pas de main…

Il se trouve que cette présentation des choses ne correspond pas à la réalité de la polémique. Personne au gouvernement ne soutient que les campements sauvages ne posent aucun problème, que les vols doivent être admis, ou que les mafias doivent être couvertes.

Non… Ce qui scandalise dans les propos du Ministre socialiste de l’Intérieur, c’est qu’il ne désigne pas, ou pas seulement, des délinquants fauteurs de troubles, mais toute une communauté, pas seulement des actes inacceptables, mais une ethnie présentée comme infréquentable : ces gens là ne seraient pas comme les autres, ils ne seraient pas assimilables, et le problème serait là.

Dès lors le débat n’est plus celui qui agite périodiquement la gauche, Robert Badinter contre Gaston Defferre, Christiane Taubira contre Manuel Valls, les réalistes contre les angéliques, il est que M. Valls emprunte à la droite extrême, devenue la droite Buisson sous le précédant quinquennat, la thématique classique d’une menace exercée non pas par des individus mais par une race.

Le registre est si nouveau, si troublant, et tellement empoisonné qu’il dépasse de très loin la question de l’ordre et du désordre, et que le Président de la République bon gré mal gré, devra bien y mettre un terme.

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