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Oscar de la provoc : the winner is Jean-Marie Le Pen

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Il y a comme une fatigue dans la campagne présidentielle. Un moment creux.

On a connu l’instant Marine Le Pen, qui l’a porté sur les talons de Nicolas Sarkozy. Puis le frisson François Bayrou en décembre et janvier. Puis un temps pour Mélenchon. Puis, après le meeting du Bourget, l’état de grâce de François Hollande. Enfin la déclaration de candidature du président candidat a composé la séquence forte de la semaine dernière.

Depuis lors les meetings s’enchaînent, les visites d’usine, le salon de l’agriculture, les sondages tombent et se contredisent, mais il y a moins intensité, et comme toujours dans ces cas là, l’absence de fond provoque des excès de forme : Les invectives se multiplient.

Florilège des dernières heures : Najat Vallaud-Belkhacem, pour le PS, écrit dans un communiqué que « le Nicolas Sarkozy qu’on cherche à vendre aux français est un produit de contrebande imaginé par des cerveaux d’extrême droite et revendu par des valets sans morale » fin de citation.

Ce qui fait dire à la cellule riposte de l’UMP que ces déclarations sont une succession d’injures « abominables », et que la porte parole socialiste est digne du NKVD soviétique, carrément.

De son côté François Bayrou accuse son rival socialiste de « condescendance » et de « mépris ».

Mais tout cela, naturellement, n’atteint pas la violence verbale du débat Mélenchon Marine Le Pen de jeudi soir, qui a rebondi hier dans Radio France politique avec le défi lancé par Jean Marie Le Pen au candidat du Front de gauche : « Ce voyou a pris à partie une femme, et bien moi j’offre un débat à M. Mélenchon, et je vais lui retirer son caleçon et montrer ce qu’il est : le candidat des communistes qui ont du sang sur les mains jusqu’aux coudes », fermez le ban…

Jean-Marie Le Pen est apparu requinqué, galvanisé par ce climat. Il a donné son festival, une provocation par phrase. Il a ainsi minimisé les bombardements de civil en Syrie en stigmatisant l’horreur des bombardements alliés sur Dresde en février 45, contre l’Allemagne nazie, il a regretté la Lybie du colonel Khadafi, et de nouveau récité le poème de Robert Brasillach, écrit à Fresnes, en 45, juste avant son exécution pour faits de collaboration.

Un Le Pen modèle Jean-Marie qui a repris la barre du Front national et qui jette aux oubliettes la politique de dédiabolisation tentée par sa fille.

Pourquoi a-t-il choisi faire scandale ? Il ne l’a pas dit pendant l’émission, mais la réponse il l’a livrée peu après, au moment du démaquillage, avec cette confidence : « avant l’affaire du détail je pesais deux millions de voix. Après l’affaire, j’en pesais quatre millions ».

Le scandale pour se remettre au centre. Voilà la stratégie. Le vieux provocateur a quelques imitateurs, mais en matière de tapage c’est encore lui qui a l’oscar…

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