LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Paille sociale et poutre politique

2 min

Alors que le conseil des ministres examine aujourd’hui son projet de loi sur la moralisation, une autre question de nature finalement morale surgit au parlement. Faut-il amnistier les exactions commises par des syndicalistes, ou des salariés qui revendiquent. Le Front de gauche le propose, le parti socialiste hésite, l’UMP est vent debout, la commission des lois de l’assemblée examinera aujourd’hui ce texte voté par le sénat à la fin février.

Il s’agit en quelque sorte, parce que certaines situations sont tendues, que des emplois sont en jeu, et que les angoisses ou les révoltes peuvent expliquer les débordements, de « passer l’éponge ». De se dire que le passé est le passé, et repartir d’un bon pied, en oubliant les passions.

Ce que conteste violemment le patronat, et que relaie l’opposition avec une grande vigueur. Le parti socialiste, jusque sur son aile gauche, n’est pas très convaincu par cette amnistie sociale, même si la loi exclut les exactions sur les personnes.

La crainte est que l’opinion publique ne comprenne pas que les auteurs d’actes illégaux puissent continuer leur activité comme si rien ne s’était passé, et c’est vrai qu’une société sans mémoire, qui effacerait ses actes au fur et à mesure, au nom d’une espèce de paix des ménages, serait une société sans morale et sans règle.

Le coup d’éponge pose des problèmes, et il en a posé d’immenses, dans le passé, quand Michel Rocard avaient fait voter une loi d’amnistie pour les élus, en 1989…

L’idée commune est donc que le passé ne peut pas être oublié, et l’UMP est en pointe dans cette affaire de mémoire nécessaire.

Une UMP par ailleurs en plein débat interne. Doit-elle, comme c’est prévu, voter au mois de septembre pour élire son président, après l’élection rocambolesque de Jean-François Copé au mois de décembre.

On se souvient des faits, ils sont encore tous frais. Des dizaines de milliers de procurations douteuses, un foutoir gigantesque dans certains bureaux de vote, des départements oubliés dans le décompte, un candidat qui s’autoproclame avant la fin des résultats, des accusations de truquage, d’irrégularités, et même de comportements mafieux, le tout à la télévision.

Pour sortir de cette crise et repartir d’un bon pied, François Fillon et Jean-François Copé avaient convenu de refaire le match, dans des conditions plus strictes.

Et bien cette perspective s’éloigne. Tout compte fait l’UMP pense qu’il vaut mieux « passer l’éponge » et songer à l’avenir. Oublier de se souvenir. Amnistier le vainqueur présumé du psychodrame de décembre pour en faire un président définitif.

Il est vrai que les casseurs agissent dans le domaine public alors que la vie d’un parti politique, n’est-ce pas, s’organise entre adhérents. Après tout, une élection à la présidence d’un parti politique ne participe jamais qu’à la désignation d’un Président de la république potentiel, donc c’est une affaire interne...

L'équipe
Production
Journaliste
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......