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Paris : Berezina sur Seine pour la droite de la droite

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Nous verrons bien si les vaches UMP seront bien gardées pendant les municipales, mais chacun est remis à sa place, voilà la principale leçon du résultat des primaires parisiennes. La frange la plus droitière, qui se prenait pour un fleuve en crue depuis les manifestations anti-mariage, se retrouve à sec au lendemain des résultats. La victoire nette de Nathalie Kosciusko-Morizet tranche en fait le débat sur la droitisation de l’UMP.

Pour mesurer la surprise il faut faire un effort de mémoire. Se souvenir d’une époque lointaine : hier après-midi… Il se disait et s’écrivait en ce temps là que l’ancienne ministre de l’environnement était en grande difficulté technique et politique. Technique parce que le système des primaires électroniques avaient connu des bugs, et politique parce que Guillaume Peltier, émule de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy en 2012, le fameux Patrick Buisson, tendance Front National, donc Peltier s’était cru assez fort pour inviter les électeurs de droite à censurer la candidate accusée de n’avoir pas votée contre le mariage homosexuel à l’assemblée nationale.

La certitude de la Droite forte était largement partagée dans le parti, par ceux qui avaient cru bon de courir derrière les manifestants à la manière de Jean-François Copé. Ainsi, les candidats Pierre-Yves Bournazel et Jean-François Legaret, personnellement nuancés sur la question du mariage, s’étaient sentis obligés d’en devenir les adversaires farouches et d’en faire un cheval de bataille.

Il y a certes eu des bugs techniques, l’électorat de Paris n’est pas celui de la France, et les vingt mille votants font pâle figure comparés aux cent quatre vingt mille de la primaire socialiste de 2011, mais à 19 heures 1, quand les candidats ont introduit leur clé informatique pour connaître le résultat, la puissance de feu du présumé peuple de droite et d’extrême droite mobilisé pour punir ses dissidents s’est volatilisée.

Ni Buisson, ni Peltier, ni la droite forte, n’ont fait bouger d’un cil le résultat d’un vote pourtant fragile dans son organisation, et dans sa participation. Comme quoi, on peut parler très fort et faire flop aux élections.

Dans un parti qui n’a pas surmonté ses contradictions entre l’esprit de 2007, l’ouverture, et celui de 2012, la droitisation, cette leçon va peser lourd. Jusqu’à présent, les partisans d’un recentrage, François Fillon, Bruno Le Maire, Luc Chatel, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, rongeaient leur frein en réclamant un inventaire à demi-mot, mais les droitistes tels Nadine Morano tenaient la barre médiatique, derrière Jean-François Copé, au nom du peuple, et de Nicolas Sarkozy.

Au bout du compte le peuple de droite a voté utile plutôt qu’à l’extrême-droite. Il a adoubé sans état d’âme une adversaire emblématique de la tendance Buisson. De quoi donner quelques complexes à la ligne décomplexée…

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