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Partielles : sanction à tous les étages

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Tant pis pour les idées reçues. Les élections partielles ne sont jamais influencées par les circonstances, et toujours par des mouvements de fond. Les circonstances étaient la crise à l’UMP, on n’en trouve pas la trace dans les résultats d’hier, le mouvement de fond est un vote sanction contre le pouvoir en place, et il frappe à tous les étages.

La gauche éliminée dans le Val de Marne où un candidat UDI sera opposé à un UMP dissident, le PS en position critique dans les Hauts de Seine, où Patrick Devedjian est quasiment élu, et le PS en repli dans l’Hérault, qui se retrouve en grande difficulté face au copéiste Elie Aboud.

Le Front de gauche ne bénéficie d’aucun effet de vase communicant, qui indiquerait que les électeurs de gauche, déçus par une droitisation du pouvoir PS, se serait réfugié chez lui. C’est l’électorat de gauche dans son ensemble qui s’est évaporé, en restant à la maison.

L’autre effet de vase communicant attendu, et qui n’a pas eu lieu, concerne naturellement le Front National.

On a dit et répété, quand la crise a éclaté à l’UMP, que Marine Le Pen en recueillerait les fruits. Une idée reçue, mais invérifiable, affirme que l’extrême droite prospère sur les problèmes ou les insuffisances des partis de gouvernement. On ne trouve pas trace de cet effet dans les trois circonscriptions d’hier. Le FN retrouve grosso modo ses positions de juin, qui étaient fortes, mais ne s’envole en aucun cas.

Il n’y a pas non plus d’effet au centre. Un candidat UDI était en lice dans le Val de Marne, Henri Plagnol, il est en tête, mais sérieusement concurrencé par un dissident UMP Sylvain Berrios.

Donc, à priori, une bonne soirée pour l’UMP qui ne subit aucune conséquence de la guerre qui continue de l’agiter, et hier soir le Président proclamé Jean François Copé, et le Président du groupe UMP-dissident à l’assemblée nationale, François Fillon, ont pu, chacun de leur côté, se féliciter du score du Parti à deux têtes qu’ils entendent incarner.

Cet optimisme est justifié par les chiffres, qui sont bons, et qui rappellent la vague de partielles calamiteuses pour le PS de François Mitterrand en janvier 1982, où la droite battue neuf mois avant avait gagné 4 à 0, annonçant des basculements massifs aux municipales suivantes.

Mais il y a un mais, comme toujours en politique. La perspective de victoires en série, loin d’apaiser les ambitions, aiguise au contraire les appétits. Plus que jamais, celui qui tiendra le parti, sera en position forte pour les conquêtes suivantes, et comme la rivalité Copé-Fillon est moins politique que personnelle, l’effet de souffle qui a porté les candidats de droite, hier soir, attisera en même temps l’incendie qui ne s’éteint pas à l’UMP, car les partielles sont des symptômes, pas des pompiers.

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