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Presse et Justice : les miroirs de l'UMP

2 min

Avec la dénonciation d’un juge qu’elle accuse de partialité, ce samedi, et la défense d’un journaliste demain mardi, l’UMP a décidé de porter le fer sur la sauvegarde de deux piliers de la République, l’indépendance de la justice et liberté de la presse. Tant mieux. Le problème avec les grands principes c’est qu’ils agissent comme un boomerang. Celui qui réclame des comptes est souvent contraint d’en rendre, les socialistes l’ont vérifié avec l’affaire Cahuzac.

Prenons dans l’ordre. D’abord la fronde des 105 députés qui soutiennent Henri Guaino, poursuivi pour avoir accusé le juge Jean-Michel Gentil de « déshonorer la justice » en mettant en examen Nicolas Sarkozy. Guaino ne se rendra pas à la convocation de police, ou s’y rendra avec ses 105 collègues. Manif au commissariat…

« J’en fais une affaire de principe, dit le conseiller de l’ancien Président ».

« Détestable et lamentable » répond l’ancien avocat général Philippe Bilger.

Officiellement, l’UMP s’inquiète d’une politisation de la justice, et pas de ses intérêts de boutique. Interloquée par l’attitude présumée partisane du juge Gentil, elle va sans doute se demander, dans le même esprit d’indépendance si le procureur du tribunal de Bordeaux, Claude Laplaud, a fait preuve d’équité en requérant un non-lieu en faveur d’Eric Woerth et de Patrice de Maistre dans un volet de l’affaire Bettencourt.

D’autant que ce n’est pas une première. Ce procureur a déjà pris ce genre de décisions, contraire à celle des juges. Dans une affaire récente, qui mettait en cause un député UMP, Jean-Paul Garraud, lui-même ancien magistrat, Claude Laplaud avait tenté, jusqu’à la dernière minute, de bloquer l’instruction.

Même question d’équilibre avec l’affaire du journaliste de France 3. Mardi, plusieurs députés UMP participeront, devant France Télévision, à un cortège de défense du reporter Clément Weill-Raynal, sous le coup d’une sanction de sa Direction. Il a clandestinement filmé le fameux mur des cons dans le local du Syndicat de la magistrature, puis a donné les images au site Atlantico, qui les a diffusées.

Dans la mesure où les manifestants ne défendent pas un militant de droite mais la liberté de l’information, les députés UMP iront sans doute, dans la foulée, demander des comptes à plusieurs de leurs collègues de Parti, dont un certain Xavier Bertrand. L’ancien ministre avait accusé Mediapart d’utiliser des méthodes fascistes pour avoir diffusé un enregistrement pirate, comme Atlantico, mais réalisé chez Mme Bettencourt.

Pour l’instant les medias n’ont pas reçu les communiqués, ni au sujet du procureur, ni à propos de Mediapart, mais ça ne saurait tarder.

Vivement demain.

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