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Prix de l'essence : la taxe des va-nu-pieds

2 min

La hausse du prix de l’essence s’est invitée dans la campagne présidentielle, et cette intrusion est accueillie comme un bouton sur le nez.

La relation entre la politique et le prix du carburant est plus ou moins ressentie comme un effet secondaire, un peu café du commerce, genre colère des chasseurs. Comme tout ce qui touche à la voiture, cette intrusion est regardée comme un pépin périphérique, au pire comme une colère poujadiste, c’est à dire une exploitation démagogique d'un problèmes qu’il n’est pas sérieux de vouloir évoquer, car il serait sans solution. L’état ne peut pas tout…Il faut se débrouiller.

Nicolas Dupont Aignan propose une baisse de 10 centimes euros par litre sur la TIPP, et cette idée suscite un haussement d’épaules, François Hollande parle de bloquer le prix du carburant pendant trois mois et de rétablir la TIPP flottante et Nicolas Sarkozy trouve que c’est bête à pleurer, Jean Luc Mélenchon veut nationaliser Total, quant au Président sortant, il invite à faire son plein là où c’est moins cher.

Il y a un monde entre le sérieux cardinal avec lequel on examine les questions fiscales classiques, la TVA sociale, la tranche à 75% à partir d’un million d’euros, l’impôt sur les exilés fiscaux, et la manière dont on aborde la question du prix de l’essence.

Or le prix de l’essence est l’une des dépenses imposées, donc une cousine de l’impôt, les plus écrasantes en terme de budget familial qu’aient à subir les français.

Cet impôt est un impôt sur le travail. On n’habite pas dans son bureau ou dans son atelier.

Cet impôt est un impôt sur le commerce. On ne fait pas ses courses à pied quand depuis cinquante ans les zones d’habitation se sont développés à l’écart des centres commerciaux.

Cet impôt est un impôt sur l’habitat. On ne rend pas visite à ses proches, dans les familles dispersées d’aujourd’hui, sans tourner la clé de contact.

Cet impôt est un impôt sur l’éducation. Combien de parents ne sont pas obligés d’accompagner leurs enfants en voiture dans des crèches, des écoles, des collèges.

Cet impôt est un impôt sur les loisirs.

Cet impôt est un impôt universel, quasiment un endettement à vie, un péage pour chaque acte de l’existence, mais ce n’est pas un impôt noble, et sa contestation tient un peu de la chicane.

S’écharper pendant des jours sur une augmentation d’un ou deux points de l’impôt sur le revenu, sur le plafond du quotient familial, ça c’est un grand débat. Mais évoquer le doublement de l’impôt universel sur le moindre déplacement, ça n’a pas la même tenue.

Le prix de l’essence c’est l’impôt sur le pain quotidien, et le sérieux électoral, dans le style Marie-Antoinette, préfère sans doute envisager l’impôt sur la brioche.

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