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Promesses de campagne

2 min

Deux théories politiques s’affrontent à propos de la campagne présidentielle. Celle du bilan, et celle de la perspective.

Selon la théorie du bilan, qui concerne au premier chef le sortant, quand il se représente, la campagne serait le moment de valider, ou de sanctionner le mandat, en comparant ce qui a été dit et promis cinq ans avant, et ce qui a été fait et tenu cinq ans plus tard.

La théorie de la perspective, qui intéresse tous les candidats, dit au contraire qu’on ne se fait pas élire sur un bilan, mais sur un souffle, un programme, une vision. Cette théorie a acquis un statut d’évidence depuis l’échec de Lionel Jospin en 2002, Jospin dont le bilan était réputé bon, tant sur le plan du chômage que sur celui des équilibres économiques et financiers, mais qui aurait eu le tort de trop s’appuyer sur ces résultats, et de négliger les mouvements qui agitaient la société française, notamment en terme d’insécurité.

En clair on se ferait élire sur le présent et le futur, et pas sur le passé.

Pour des raisons tactiques, la droite Sarkozyste met aujourd’hui en avant les perspectives, et la gauche toute tendances confondues appuie sur le bilan parce qu’elle a la conviction que ce bilan est un boulet pour le sortant, mais tout le monde se rejoint sur un point : on gagne en regardant vers l’avant, pas en se retournant.

Cette espèce de loi politique a sa logique et sa grandeur. Elle a aussi son paradoxe.

Quelle est en effet sa conséquence pratique sur le discours politique ?

Elle conduit les candidats à se projeter dans le futur, donc à promettre.

Prenons les principaux discours : la France plus forte de Nicolas Sarkozy, c’est pour demain, la société plus juste de François Hollande, également, la mise au pas des marchés voulue par Jean Luc Mélenchon, la France irréprochable et libérée des oppositions partisanes de François Bayrou, la France rendue aux français de Marine Le Pen, tout cela est au programme, l’une de ces visions sera celle du président élu le 6 mai, et sa mission sera de l’appliquer.

Mais quelle importance au fond ?

Car appliquées ou oubliées ces promesses ne vaudront rien en 2017, puisqu’on se fait élire sur une vision, et pas sur un bilan.

Ainsi cette loi de la perspective, qui conduit, au bout du compte, à ne pas confronter les paroles et les actes, parce qu’il faut regarder devant, et pas derrière, rejoint finalement la phrase célèbre attribuée à Charles Pasqua, mais qui est en fait d’Henri Queuille, président du conseil de la quatrième république : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…

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