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Rapport Gallois : l'équivalent du Diable ou du Bon Dieu

3 min

Pendant que les Etats-Unis s’apprêtent à choisir leur nouveauPrésident, la France polémique sur un rapport, le rapport Gallois surla compétitivité, qui semble être devenu l’équivalent du Diable ou dubon Dieu. Au départ, rien ne prédisposait Louis Gallois à devenir cette espèced’intercesseur paranormal entre le gouvernement et la divinitééconomique. Louis Gallois a occupé de hautes fonctions, à la tête detrès grandes entreprises, avec un pragmatisme social, une modestie, etmême une retenue, qui en ont fait le contraire de l’archétype du PDG,à la fois détenteur de vérités définitives et de salaire astronomique. De même, la commande d’un rapport, y compris sur la compétitivité,n’avait rien de sensationnel. Il en existe une bonne trentaine sur lesujet. Le rapport est devenu à la mode sous le quinquennat précédant.Il était une manière plus moderne, c'est-à-dire plus médiatique, derenvoyer un problème urgent à plus tard. Comme on bottait autrefois encommission, l’exécutif s’était mis à commander des rapports variés àdes personnalités le plus souvent en vue. Du rapport Atali il ne reste à peu près rien, sauf le souvenir d’uncoup politiquement habile consistant à demander à une personnalité ducamp d’en face de prêter main forte au Président d’ouverture. Du rapport Stiglitz sur la mesure des performances économiques, ilrésulte un bilan similaire, mais faire appel à un Nobel, qui plus estprogressiste, avait une certaine allure. Il y a eu le rapport Larcher sur la formation professionnelle, lerapport Daubresse sur le Travail d’intérêt général, le Rapport JuppéRocard sur le Grand emprunt, la commission Jean-Philippe Cotis, patronde l’Insee, à propos de la répartition des bénéfices, le RapportGilbert Montagné sur la situation des personnes mal voyantes, EricBesson sur la TVA sociale, Michel Rocard, encore lui, sur lesenseignants, le professeur Joël Ménard sur la maladie d’Alzheimer,etc… Pourquoi le rapport Gallois a-t-il donc pris cette dimension de psychodrame ? Pour trois raisons. D’abord la crise. Elle dramatise l’enjeu. Ensuite la mauvaise passe du pouvoir en place. Déjà fragilisé, legouvernement fait de la publicité à l’un des problèmes les plus gravesdu moment, donc à ses difficultés. La troisième raison rejoint la seconde. Elle touche à l’habiletépolitique. Les commissions de Nicolas Sarkozy étaient un dégagement.Elles mouillaient parfois ses adversaires mais ne le mouillaient paslui-même. Au contraire, en confiant la compétitivité, marqueur dedroite, à un chef d’entreprise, y compris originaire de gauche, enpleine période d’incendie, François Hollande a donné le sentiment deprendre un engagement, comme Gallois allait écrire la Bible. Il faut se méfier des feux de la rampe. Le Président comptait sur cerapport pour prouver sa modernité, mais après ce retour de flamme,adieu feu d’artifice et bonjour pompier de service.

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