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Retour de flamme pour Claude Bartolone

2 min

Les politiques sont-ils des voleurs ? C’est une question très grave. Elle court depuis qu’il y a des démocraties, et des envies d’en finir avec les démocraties, mais en temps de crise cette polémique s’envenime.

La preuve ? Ce matin, la presse est pleine de question sur le train de vie de vos élus. Et pourquoi ce soupçon, à ce moment précis ? Parce que Claude Bartolone, le Président de l’assemblée nationale, a décidé de baisser de 640 euros par mois l’indemnité représentative de frais de mandat que touchent les députés. Ainsi, c’est au moment où les députés gagnent moins qu’on leur reproche, une fois encore, de gagner trop…

Deux raisons immédiates à cet emballement. Premièrement la réduction des frais de représentation ne s’accompagne pas de transparence, les députés n’auront pas à justifier de ce qu’ils font des 5000 euros restant, et ce n’est pas une question dérisoire. Deuxièmement Claude Bartolone a embauché sa femme à son cabinet, avec une explication : « je n’ai pas embauché ma femme, j’ai épousé ma collaboratrice… ». C’est une jolie phrase mais une grosse maladresse.

Cela dit l’exigence de transparence finit par dégager un parfum qui ne sent pas seulement l’air pur.

D’abord parce qu’on mélange tout, les rémunérations, les règles d’utilisation des crédits, et le fonctionnement du parlement. Derrière cette question locomotive (combien palpe mon élu ?), il y a plusieurs wagons. Gagne-t-il trop ? C’est une question légitime. Quels sont ses droits et ses passe-droits, à qui rend-t-il des comptes ? Peut-il embaucher sa femme ? Ces questions sont nécessaires. Mais ensuite on change de registre. Les doutes s’attaquent à l’institution : sont-ils trop nombreux ? A quoi servent-ils ? Et on en arrive, à tous les coups, à la question finale, finale comme une solution : Combien ça coûte, et à quoi ça sert, tout ça ? Réponse sous entendue, ou exprimée mi-voix : « A rien ! »

Or ça sert. C’est le prix de la démocratie. La démocratie ce n’est pas du luxe, c’est un produit de première nécessité On peut discuter le prix du pain, mais pas le fait de payer la baguette.

D’ailleurs ces questions, présentées comme explosives, ne sont pas prioritaires dans l’esprit des français, même si elles les agacent. Ce n’est pas sur leur salaire que les français jugent leurs élus, sauf quand ils dérapent. C’est sur ce qu’ils font.

Regardez les sondages de François Hollande. S’il était jugé sur son effort salarial il planerait dans les sondages. Depuis deux mois son salaire est passé, grosso modo, des 20 000 euros par mois que s’était accordé son prédécesseur à environ 13 000 euros. Et regardez qui est encore à la une du point de cette semaine, ce matin, barbe de jeune homme et pétant la joie de vivre.

Ce n’est pas François Hollande…

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