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Retour vers le futur, par Frédéric Métézeau

2 min

Il y a dans le débat politique actuel comme un parfum de XXème siècle. Un arôme de 1983-1984. Voyez la ministre du logement – issue de la jeunesse ouvrière chrétienne – Cécile Duflot qui propose de réquisitionner les locaux diocèsains, cela rappelle le grand service public et unifié de l’éducation nationale.

Son collègue du redressement productif menace de nationaliser Mittal, sérieusement depuis quand n’avait-on pas parlé de nationalisations ou de privatisations ? Pendant ce temps à droite, les chefs se déchirent, l’ancien président battu par un ancien premier secrétaire du PS essaie de revenir par le trou de la serrure et l’on appelle à manifester main dans la main avec l'Eglise catholique contre les projets sociétaux de la gauche.

Ces années 1983-1984 voient émerger en France un leader anti-raciste charismatique, un grand métis à coupe afro et veste en cuir dont on connaît la trajectoire et les fonctions d'aujourd’hui. Les bébés de ces années-là ont la trentaine aujourd'hui et 23% sont pauvres si l’on en croit ce rapport qui fait la une du Monde daté d'aujourd'hui. Par ailleurs, le New York Times consacre un web-documentaire à cette "floating generation", une génération flottante, à la dérive devrait-on dire, dépolitisée et désabusée.

Connaître le passé, c'est analyser le présent et réflechir à l’avenir, mais les postures du passé sont-elles des solutions d’avenir ? Sommes-nous dans une « simple » crise qui impliquerait un retour à la situation ante, comme en médecine ? En aucun cas "Nous devons comprendre que le monde est en train de changer", laformule est passe-partout mais c’est bien celle de François Hollande dans sa conférence de presse du 13 novembre dernier, le chef de l’Etat qui a fait de la jeunesse la priorité de son mandat.

Dans le cas présent "Retour vers le futur" n’est pas ce film américain sympathique et distrayant c'est un film-catastrophe franco-européen. Pour la classe politique et pour le peuple, il flotte comme un parfum de vingtième siècle, pas un parfum de madeleine de Proust, celle qui « rend les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour », ce serait plutôt la fragrance un peu rance d’un pays qui sent le renfermé pour sa propre jeunesse.

Frédéric Métézeau

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