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Rigueur ou relance : l'état d'urgence

2 min

La France qui parle adore les débats théologiques, et la question du mariage homosexuel en est un naturellement, dont la loi sera votée aujourd’hui. Mais la France qui vit a des problèmes moins polémiques, infiniment plus alarmants. Cette fois nous y sommes de plein pied. Les Français sont entrés dans la crise, ils s’y installent, en réduisant leurs dépenses, ce qui rend toute perspective de reprise encore plus problématique.

Le magazine soixante millions de consommateurs vient de révéler une batterie de statistiques, issus d’un sondage de l’institut Mediaprism. Presque quatre personnes interrogées sur cinq ont le sentiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2012, et que le problème s’aggravera en 2013. Ils citent l’augmentation de la fiscalité, mis aussi des dépenses imposées comme l’énergie ou le carburant.

Sept personnes interrogées sur dix affirment courir les promotions, repousser certains achats, ou y renoncer, comme les vacances ou les loisirs, et songent désormais à l’alimentation et à la santé. Il ne s’agit plus de se freiner sur les dépenses futiles, mais de rogner sur les postes essentiels.

Depuis des années, la croissance du pays tenait plus ou moins parce que les français maintenaient coûte que coûte leur consommation, fusse en prélevant sur leur épargne. Le doute sur l’avenir, désormais trop pesant, les amènerait à se priver comme on fait des provisions dans les périodes d’incertitude. A force de parler de guerre économique, de citer Churchill à tour de bras, de faire du sang et des larmes le nec plus ultra de la vertu économique, le discours dominant a fait l’effet des sirènes d’alarme les jours de bombardement : tous aux abris.

Le discours et les réalités… Et c’est là que cette angoisse est devenue un fait politique. A l’approche de l’anniversaire de l’élection de François Hollande, tout le monde constate un effondrement de sa côte de confiance. Elle s’est produite en deux temps. Vers le milieu de l’été, quand le discours de campagne a paru s’enliser dans un programme de rigueur. Et à partir de fin janvier : à peine le budget 2013, avec ses sacrifices, venait-il d’être digéré, qu’un autre plan de six milliards d’économie arrivait dans les tuyaux.

Après la pluie, la pluie, après les efforts, les sacrifices, voilà le message qui rend inaudibles, et agaçant, l’optimisme d’un président qui croit en sa bonne étoile et au retour de la croissance.

Ce déphasage entre la France telle qu’elle se vit, et la France telle que la voit l’Elysée, prend la forme d’un débat qui agite le PS, mais aussi toute la gauche, et désormais l’Europe avec les Pays-Bas, jusque là alignés sur l’Allemagne, et qui réclament à leur tour une pause dans l’austérité.

Tant que François Hollande ne tranchera pas clairement entre la rigueur qui serre encore la ceinture, et la relance qui l’assouplit d’un ou deux crans, il ne sera pas la référence. Il sera cette silhouette qui tourne, comme un ballon chahuté par le vent

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