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Rythmes scolaires : en avant pour le surplace

2 min

Notre école impose-t-elle aux enfants de France des journées infernales ? Oui. Il faut donc réformer les rythmes scolaires, et d’urgence. Mais la grève historiquement suivie à Paris par les enseignants, hier, prouve-t-elle que la réforme de Vincent Peillon est massivement rejetée ? C’est encore oui. Conclusion : il faut faire cette réforme, et il ne faut pas la faire. Une fois encore l’éducation nationale se retrouve coincée entre deux exigences éperdues. Grand un : « faut que ça bouge ». Grand deux : « touche pas à mon école ». Ce conflit prend même une dimension particulière avec Vincent Peillon. Voilà un professeur qui connaît son affaire, un philosophe passionné par l’enseignement et bien accueilli quand il a été nommé. Et voilà qu’il subit une grève historique. Encore un peu et ce messie subira le sort du diable, c'est-à-dire de Claude Allègre. Hormis la réforme Jospin, qui s’était donnée pour tâche, en 1989, d’amener 80% d’une classe d’âge au bac, toutes les réformes ont été rejetées, toutes, pour en revenir à la réforme d’avant qui avait elle-même été combattue. La réforme de l’école c’est un peu comme le chômage. On a tout essayé, sans succès. Ainsi que le note le journal La Croix ce matin, Allègre a tenté la méthode des pieds dans le plat, échec, Sarkozy a essayé de jouer de l’opinion contre les enseignants, raté, Hollande a caressé les syndicats dans le sens du poil, morsure. Au point que la question du jour, un peu partout, revient comme un leitmotiv. Les profs, dans leur expression collective, ne sont-ils corporatistes, et leur corporatisme n’est-il pas une citadelle dont les pensionnaires souffrent à la fois de claustrophobie et de claustrophilie ? Pour les partis politiques cette contradiction est tour à tour un cauchemar et une bénédiction. Les oppositions adorent les profs car ils embêtent les pouvoirs, et les majorités les craignent car ils créent des abcès. La gauche est encore plus embêtée quand elle est au pouvoir, car les enseignants, théoriquement, sont le cœur de son électorat. Le corporatisme présumé des enseignants est ainsi tour à tour dénoncé et caressé, combattu et cultivé. Au bout du compte les chiens aboient et la caravane a de plus en plus de mal à passer, car elle est percluse de rhumatisme. L’Education nationale est ainsi devenue l’Héautontimorouménos de Charles Baudelaire, vous savez, cet animal mythique qui se dévore lui-même : « Je suis la plaie et le couteau! Je suis le soufflet et la joue! Je suis les membres et la roue, Et la victime et le bourreau! ». Le problème c’est que cette école qui se mange elle-même, c’est aussi celle de nos enfants...

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